Cyclisme

Philippe Gilbert a évolué sur la défensive tandis qu’Hushovd n’a pu sauver BMC

Le record de trois succès partagés par Ernest Sterckx, Joseph Bruyère et Peter Van Petegem est toujours accroché sur leurs épaules. Philippe Gilbert n’a jamais été en position de les menacer, hier.

“Je n’étais pas dans la course”, reconnaissait le champion de Belgique après s’être douché. “J’étais là, sans y être. Je n’avais pas de bonnes jambes. J’ai subi aujourd’hui, toujours quinze, vingt places trop loin et dans ses conditions, vous êtes coincés par une chute, vous crevez…”

C’est ce qui arriva au Liégeois, mal placé, sans doute en cinquantième position, au bas du Taaienberg, lorsque Boonen et Vanmarcke accélérèrent une première fois. On ne le savait pas encore, mais la messe était dite.

“J’avais compris que j’avais perdu la course”, avouait encore Gilbert, “d’autant que Thor (Hushovd) était devant.”

Un peu plus loin, le n°1 mondial en 2011 dut même s’arrêter peu avant le sommet de l’Eikenberg pour changer sa roue avant. Le temps de revenir, la décision était tombée définitivement.

“Il m’a fallu du temps pour revenir dans ce premier peloton de poursuite”, dit-il, “mais cela m’a remotivé. Pourtant, nous manquions d’informations. On ne savait rien, y avait-il dix ou quinze types devant ? Thor faisait-il partie de ce groupe ? Ça ne me dérange pas de courir sans oreillettes, mais n’avoir aucune info, ce n’est pas normal. On a vu l’ardoisier une seule fois. Et ce n’est qu’à quinze kilomètres de l’arrivée que John (Lelangue) a pu nous renseigner et dire que Thor avait été lâché. À ce moment, on a roulé, mais c’était trop tard, on savait que c’était pour la 4e place. Finalement, Greg (Van Avermaet) est cinquième, ce n’est pas mal, tout comme le fait que nous étions cinq dans ce premier groupe.”

C’est aussi ce que le directeur sportif de BMC voulait retenir comme enseignement majeur.

“D’un point de vue résultat, ce n’est pas super”, admettait Lelangue. “Mais nous étions cinq ou six dans ce peloton. Il a seulement manqué un deuxième homme dans l’échappée. J’avais vu que Thor n’était pas au mieux, mais j’étais trop loin pour pouvoir avertir mes coureurs. C’est la course…”

La veille, notre compatriote avait en effet tiré au sort la 21e place dans la file des voitures. Sur ces petites routes, où il avait aussi été retardé par le dépannage de Gilbert, il lui avait été impossible de se porter en tête de la course puis d’avertir ses hommes du danger.



© La Dernière Heure 2012