Patrick Lefevere: 30 ans de dopage

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Cyclisme Patrick Lefevere dément dans le quotidien ces accusations

BRUXELLES Huit acteurs du monde du cyclisme se livrent mardi dans Het Laatste Nieuws à des révélations sur Patrick Lefevere, le grand patron sportif de l'équipe cycliste Quick.Step, dévoilant les détails de 30 années d'activités de l'homme dans le domaine du dopage, depuis les années '70 jusqu'à aujourd'hui. Patrick Lefevere qualifie ces révélations de "nonsens absolu et bullshit".

"Leurs accusations sont très graves", a-t-il commenté à la VRT (Radio 1). "Mais la facture que je vais leur présenter sera également très salée..."

Et de poursuivre: "Je travaille dur depuis 25 ans, et je négocie en ce moment avec divers sponsors, dans l'espoir de les faire signer jusqu'en 2011, avec une option pour quatre saisons supplémentaires. C'est une affaire que l'on peut évaluer à 50 millions d'euros, et qui ne peut pas capoter à cause de malversations".

Lefevere attaque par conséquent en justice. "Je ne vais quand même pas me laisser calomnier aussi gravement sans réagir", prévient-il depuis Genève, où il préside une réunion des équipes du ProTour. "Et certainement pas me laisser traiter de consommateur et dealer de drogue par quelqu'un qui est encore en prison pour triple tentative de meurtre (l'ex-coureur Luc Capelle, ndlr). Ni par quelqu'un qui s'est lui même dopé. Les autres prétendus témoignages son anonymes. C'est facile de s'épancher ainsi sous ce couvert. Prétendre que j'étais en état de dépendance lorsque j'ai dû arrêter ma carrière de coureur, et que j'ai même séjourné dans un centre de désintoxixation est complètement mensonger. J'offre une prime à celui qui arrivera à prouver celà..."

Patrick Lefevere, figure centrale du cyclisme belge ayant mené Johan Museeuw et Tom Boonen vers les plus hauts sommets, conteste formellement le rôle de "chef d'orchestre des pratiques de dopage dans son équipe" qu'on voudrait lui faire endosser à tort.

"Je ne me suis même jamais impliqué dans le suivi médical des coureurs", assure-t-il. "Parce que ce n'était pas nécéssaire, compte tenu des compétences indiscutables des Docteurs Van Mol et Squinzi. Ce dernier a d'ailleurs anticipé l'affaire Puerto en renvoyant les coureurs espagnols qui fréquentaient le cabinet du docteur Ferrari. J'ai fondé le centre Mapei avec entre autres Van Mol, afin de pouvoir encadrer des jeunes comme Cancellara et Pozzato dès les catégories d'âge, et leur éviter ainsi de tomber dans de mauvaises mains. Les contrôleurs du Comité Olympique sont venus à nos stages à Sierra Nevada, et c'est bien connu que rien ne leur échappe..."

A propos des accusations d'un docteur italien de Mapei? "Je n'ai jamais travaillé avec un autre docteur qu'Ivan Van Mol à cette époque. Avec lui seul. J'étais encore directeur-sportif en ce temps là. Je ne suis devenu manager qu'en 1999. Il est facile de dénoncer anonymement. Ceux qui veulent me nuire n'osent même pas se dévoiler. Pourquoi font-ils celà? Tout est faux. J'ai toujours dit qu'une affaire Festina était impossible dans notre équipe. Et c'était la vérité. Mais je ne pouvais pas prévoir qu'on en fabriquerait une de toutes pièces, dans notre propre famille..."

L'avenir de Patrick Lefevere? "Je suis avec mes collègues à Genève", conclut-il, "qui m'avaient tous soutenu lors de l'affaire Dedecker. Je verrai bien comment ils réagissent cette fois...".