Le quotidien flamand a prétendu cette semaine que le manager sportif était impliqué dans le dopage depuis 30 ans

COURTRAI Patrick Lefevere, manager de l'équipe cycliste Quick Step, s'est défendu vendredi avec vigueur des accusations de dopage portées contre lui par le journal Het Laatste Nieuws et a annoncé qu'il portait plainte en évoquant des "préjudices irréparables".

Le responsable de l'équipe du champion du monde, l'Italien Paolo Bettini, et de son prédécesseur, Tom Boonen, a rejeté à l'occasion d'une conférence de presse tenue à Courtrai l'ensemble des accusations, anonymes pour la plupart. Il a annoncé des poursuites en justice pour les dommages "énormes" causés par cette affaire.

Patrick Lefevere, qui n'a pas souhaité fournir toutes les preuves en sa possession ("je privilégie le tribunal", a-t-il dit), a fourni cependant les hématocrites de ses coureurs dans les trois dernières éditions de la classique Gand-Wevelgem.

"Un des témoins a dit que les coureurs avaient un hématocrite approchant les 50 %", a expliqué Patrick Lefevere. Or, les résultats varient pour la plupart entre 41 et 45, selon les copies fournies à la presse.

Au sujet de la "taupe" qui permettrait de contourner les contrôles antidopage, Patrick Lefevere a demandé d'ailleurs que les instances responsables de ces opérations, l'Agence mondiale antidopage (AMA), l'Union cycliste internationale (UCI), les autorités flamandes, réagissent.

Le manager de Quick Step, également président de l'association des groupes sportifs (AIGCP) et membre du conseil de l'UCI ProTour, a fait état d'une campagne contre lui à partir des déclarations de Luc Cappelle, un ancien coureur des années 1970.

"Je ne pars pas"

"Sa femme a précisé qu'il a fait ses déclarations à la demande de M. Dedecker", a déclaré Patrick Lefevere en évoquant ainsi le rôle du sénateur flamand auquel il s'est opposé l'année passée. Il a ajouté que plusieurs médias (VRT, VTM, De Morgen) n'avaient pas utilisé ces accusations en raison de leur "caractère peu digne de foi".

Sur l'accusation principale portée contre lui, l'accusation d'organisation de dopage au sein de son équipe, le manageur a asséné: "C'est un non-sens." Et d'ajouter, que son coureur fétiche, Johan Museeuw (qui a reconnu dernièrement s'être dopé à la fin de sa carrière, ndlr), "ne pouvait apparemment pas profiter de la consommation de dopage organisée au sein de l'équipe", puisqu'il devait faire appel à un vétérinaire.
"On se réfère, anonymement une fois de plus, à un coureur qui roulerait pour l'équipe. Je ne peux pas imaginer que c'est le cas à la lecture de ce qui est écrit", a poursuivi Patrick Lefevere en s'adressant aux nombreux journalistes présents (parmi lesquels...

Maarten Michielssens, son accusateur du Het Laatste Nieuws): "Vous avez consulté ça et là des coureurs qui ont fait partie ou font partie de notre équipe. Ils contredisent tous le contenu de ce qui a été écrit."
"Malheureusement, je ne peux être partout ni tout contrôler", a affirmé le patron de l'équipe belge qui a déclaré être soutenu par ses parraineurs mais être décidé à se battre seul: "J'ai affaire à des ennemis qui ne se font pas voir. Je n'ai jamais fui mes responsabilités. Je ne pars pas."

Son avocat, Me Chris Declerck, a précisé pour sa part qu'il allait entamer une procédure contre le journal, sa rédaction en chef et le journaliste en cause (Maarten Michielssens). Il n'a pas souhaité chiffrer le montant des dommages-intérêts qu'il comptait demander.