La froideur des statistiques ne renferme que trop rarement le reflet de la réalité du terrain. Vingt-cinquième dimanche à Waregem, Philippe Gilbert aura pourtant été l’un des acteurs clés d’un championnat de Belgique qu’il a dynamité à vingt-cinq kilomètres de l’arrivée. Le détonateur d’un mouvement de course qu’allaient prolonger dans la foulée immédiate Evenepoel, Van Aert et Theuns en le contrant.

"Je me suis sans doute saboté sur cette manœuvre puisque c’est l’offensive suivante qui était le bon coup, soufflait le coureur de Lotto-Soudal derrière la ligne. J’aurais sans doute mieux fait d’attendre… Remco et Van Aert sont sortis très fort en contre et ont pris l’aspiration des motos pour filer à près de 80 km/h sur un faux plat descendant dans lequel il était tout simplement impossible de rentrer. Je pensais que l’équipe Alpecin-Fenix allait prendre les choses en main, mais ils avaient sans doute déjà laissé beaucoup d’énergie dans la poursuite plus tôt dans la course. J’ai encore emmené le sprint de mon équipier De Buyst, mais il a été victime d’un incident mécanique qui ne lui a pas permis de jouer sa carte à fond. J’ai vraiment beaucoup de regrets quant au déroulement des événements. Aurais-je pu accompagner le trio sans mon offensive ? On ne le saura jamais…"

Si beaucoup présentaient le tracé flandrien comme un circuit de kermesse, le scénario de la course a pourtant été palpitant dans sa finale.

"Les quatre derniers tours, effectués sur un circuit final différent, faisaient vraiment mal aux jambes, concluait le Liégeois. Car après avoir roulé plus de 150 bornes sur le plat, il y a tout un tas de petites relances, cette bosse et ce secteur pavé qui étaient exigeants. Cette transition n’était pas vraiment simple à encaisser."