À l’attaque dans la finale, Philippe Gilbert a démontré que sa condition est vraiment ascendante. De bon augure avant ce week-end

KNOKKE Anita, sa maman, et Jeannot, son père, avaient fait le déplacement de Remouchamps pour venir féliciter leur fils qui vient de leur donner un dixième petit-enfant, Alexandre, mais Philippe Gilbert n’a pas eu le plaisir de les retrouver au pied du bus de la BMC, les bras chargés du bouquet du vainqueur.

À l’attaque dans la finale de la 2e étape du Tour de Belgique qui empruntait, sommairement, les routes de l’ancien parcours final du Tour des Flandres, le porteur du maillot arc-en-ciel n’a dû rendre les armes qu’à 700 m de la ligne d’arrivée, tracée à Meerbeke, où le vainqueur du Tour des Flandres fut couronné trente-neuf fois de suite, entre 1973 et 2011.

“Il fallait essayer” , expliquait-il après coup. “Malheureusement, si on s’est bien entendu avec Gavazzi pour se relayer, Terpstra n’a pas voulu collaborer. Je ne sais pas pourquoi. Dans la finale, avec le peloton sur nos talons, je n’ai pas eu le temps de discuter avec lui. Ça n’avait d’ailleurs pas de sens, mais je ne comprends pas leur tactique (NdlR : d’Omega Pharma-Quick Step), car si on veut gagner, il faut tenter des choses, mais je ne veux pas la critiquer.”

Dans une formation qui joue la carte de Tony Martin pour le général et qui voulait offrir à tout prix une nouvelle chance de s’illustrer au sprint à Tom Boonen, la marge de manœuvre du Néerlandais, le moins rapide des trois attaquants, était cependant très réduite. Car, il aurait fallu au champion des Pays-Bas de solides arguments pour expliquer à ses partenaires une éventuelle troisième place au sprint et un cadeau de trente à quarante secondes fait à Gilbert et à Gavazzi. Surtout si Boonen avait enlevé le sprint du peloton, après que son équipe n’a pas hésité à provoquer une grosse sélection en cours d’étape.

“Il fallait être attentif, rouler devant pour éviter les bordures”, poursuivait Philippe Gilbert avant d’expliquer pourquoi il était passé à l’offensive. “On savait qu’il n’y aurait pas beaucoup d’occasions alors, quand Gavazzi a attaqué, je n’ai pas hésité, c’était un compagnon idéal, Terpstra beaucoup moins.”

Le Wallon aura toutefois glané en cours de route des raisons de se montrer satisfait.

“La bonne chose, c’est que Greg (Van Avermaet) est très bien, on sera deux pour chercher la victoire dimanche, voire samedi”, souriait le champion du monde. “La forme est meilleure, ça revient ! Je suis plus fort que lors des classiques, mais le Tour de Belgique, même s’il y a de bons coureurs au départ, c’est aussi un autre niveau. C’est plus facile de se mettre en évidence ou de gagner ici que l’ Amstel, la Flèche ou Liège. Mais, c’est exact, mes sensations sont meilleures. La chaleur (NdlR : rencontrée en Californie, où il a fait jusqu’à 45°) m’a finalement fait du bien, j’ai dû perdre du poids. J’en ai besoin pour maigrir.”

Ce vendredi, à Beveren, Gilbert passera un nouveau test important s’il veut jouer la victoire finale ou en tout cas les premiers rôles dans l’épreuve.

“On verra, ce chrono, c’est quinze kilomètres”, explique-t-il. “Il y a quelques virages, a priori, c’est mieux pour moi, mais les contre-la-montre, ce n’est pas ma spécialité et la météo peut jouer un rôle, malheureusement, tout le monde ne courra peut-être pas dans les mêmes conditions, s’il fait sec puis mouillé et ainsi de suite. Il faudra aussi avoir de la chance. Pour revenir au mauvais temps, c’est vrai que c’est pénible, on a dû prendre trois fois de la grêle aujourd’hui, mais tout le monde est logé à la même enseigne.”



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