Cyclisme

Philippe Gilbert est revenu à temps en forme pour tenter le doublé dans la course de ses rêves

LIEGE On ferme le ban, dimanche, avec Liège-Bastogne-Liège, ses côtes et ses routes ardennaises. Une Doyenne sur laquelle la météo rude et incertaine risque de jouer un rôle non négligeable.

“J’aimerais mieux qu’il fasse plus froid et humide encore, car je suis plus performant dans des conditions difficiles. Je pensais que cela jouerait un rôle plus important mercredi à la Flèche, car on avait eu froid à l’Amstel. Ça ne sera pas décisif, même si la course sera peut-être plus usante. Enfin, s’il avait fait 25°, cela aurait sans doute avantagé les Espagnols et les Italiens” , souriait hier Philippe Gilbert.

Par la grâce de deux bonnes performances, dimanche passé à l’Amstel (6e), puis, plus encore, mercredi à la Flèche wallonne (3e), le Wallon s’est replacé au premier rang des favoris, sur le même pied sans doute que Joaquin Rodriguez, le vainqueur de Huy. “Malgré tous les contretemps que j’ai eu, je n’ai jamais douté, ni baissé les bras” , poursuivait le coureur de BMC. “C’était important pour moi d’être bien cette semaine et j’y suis parvenu. Je n’ai pas mon meilleur niveau, mais j’arrive juste à temps à un niveau très compétitif que j’espère encore un peu supérieur depuis la Flèche.”

Mais pas dans la condition qui lui avait permis, il y a douze mois de réussir un exceptionnel quadruplé. “Il y a un an” , continuait Gilbert, “j’étais vraiment au sommet et quasi certain de gagner, en tout cas d’être là pour la gagne, maintenant, je suis bien, mais pas aussi fort. Il me manque des pour cent qui peuvent faire la différence. Disons que je suis certain désormais d’être là dans la finale. L’an dernier, c’était presque simple, cette fois moins. Je suis dans une forme suffisante pour jouer la gagne mais si je fais une course en ne commettant aucune erreur et si je n’ai pas de soucis.”

Le Liégeois reste évidemment très motivé par la course qui le fait le plus rêver. “C’est la classique qui compte le plus pour moi, au printemps” , dit-il. “Celle qui me fait le plus rêver, même si je l’ai gagnée une fois, j’aimerais le faire une seconde fois et même plus.”

Le champion de Belgique sait aussi qu’il va trouver de nombreux adversaires, prêts à saisir leur chance du fait de sa moins grande forme. “Il y a plusieurs favoris” , répertoriait le Monégasque. “On prends les dix premiers de l’Amstel et de la Flèche, généralement, ce sont ceux qui seront à Liège. On a vu aussi un Cunego est très fort au Trentin, Rodriguez bien sûr, qui a une équipe forte, avec Freire en plus, qui a déjà fait un Top 10 ici. Nibali, qui n’avait plus couru depuis Milan-Sanremo, est déjà bien. Sanchez, qui revient et qu’on doit évidemment considérer comme un favori. De la même manière, on ne peut écarter Valverde, les frères Schleck, évidemment. Et toute une série de coureurs, peut-être un peu moins forts, mais qui peuvent créer la surprise, comme Gasparotto. Voeckler, il sera là dans la finale. C’est un très bon coureur, intelligent, qui n’assume pas le travail avec son équipe, qui sait se faire oublier et profiter de la situation. On l’a vu à la Flèche brabançonne, une accélération et c’est la bonne. Il faudra le tenir à l’œil.”

Sans oublier un certain Jelle Vanendert. “Bien sûr, quand on est 2e de l’Amstel et 4e de la Flèche, on peut gagner Liège-Bastogne-Liège. Il a VDB aussi, dans son équipe, qui a l’expérience. L’an dernier, Jelle était déjà très fort, quand il effectuait des accélérations, il n’y avait plus que trois ou quatre coureurs dans nos roues. Maintenant, il est leader. L’an dernier, il m’a confié qu’il avait un rêve, que nous jouions la gagne à deux une fois. C’est peut-être pour dimanche...”



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