Philippe Gilbert s’est invité une dernière fois sur Paris-Roubaix. Le Liégeois, qui doit composer depuis des semaines avec des soucis de santé (une bronchite chronique) a échangé sa participation à la Flèche wallonne contre la reine des classiques où, en 2019, il a remporté son dernier grand succès.

"Cette modification de mon programme", dit-il, "c’est une demande personnelle, faite il y a une semaine. J’ai toujours des difficultés de respiration, je ressens de grosses difficultés quand la route monte, ce qui est le plus dur et nécessite le plus d’efforts. Contrairement à l’Amstel et certainement aux classiques wallonnes, Paris-Roubaix est plat, l’effort y est plus constant, je pense pouvoir mieux y défendre mes chances. Tout y est possible."

Le Wallon met aussi à mal un véritable mythe.

"Paris-Roubaix, c’est dur, c’est vrai, mais c’est surfait", dit le coureur wallon. "Liège-Bastogne-Liège ou la Lombardie sont des monuments beaucoup plus durs. À Paris-Roubaix, on reste dans le jeu. Même quand on est moyen, même quand on est lâché, on peut revenir. En 2018, j’avais eu un coup de chaud, j’avais raté des bidons, j’ai levé le pied et quand j’ai récupéré je suis reparti et j’ai fini 15e après avoir dépassé beaucoup de gars. J’étais presque déçu que la course se termine. Quand on est lâché à La Redoute, on ne revient plus jamais dans le jeu. C’est pareil en Lombardie, si on lâche au Mur de Sormano, on peut au mieux espérer finir à 15 ou 20 minutes."

Pourtant, Philippe Gilbert se refuse à être ambitieux.

"Parler d’ambition et de résultat, c’est compliqué dans mon cas, parce que je ne suis pas dans une forme idéale", poursuit-il. "Pourtant, je le redis, c’est une course à surprises. C’est le monument où on retrouve le plus d’anonymes dans le top 10, voire dans le top 5 ou même sur le podium et qui n’ont jamais confirmé ailleurs."