Cyclisme Gilbert avoue que Niels Politt méritait autant de gagner que lui.

"Une longue échappée, c’est ce que je préfère et c’est comme cela que j’ai souvent gagné mes plus belles courses", fait remarquer le coureur de Deceuninck. "J’ai pu faire tourner la course en ma faveur. Partir à 70 km de l’arrivée, cela ne me fait pas peur. J’attache beaucoup importance au panache, je regardais les courses plus jeune, Museeuw à Roubaix, Bartoli à Liège, m’ont fait rêver. Ils osaient partir de loin, n’attendaient pas. J’ai essayé de copier cette façon de courir, j’ai souvent gagné en attaquant de loin,… J’aime quand on se retrouve entre leaders, entre favoris, entre hommes forts et c’est là que je m’en sors le mieux."

Philippe Gilbert poursuit son explication. "J’ai eu le mérite d’essayer, il fallait oser, je voulais me dégager du groupe, partir seul", poursuit le Liégeois. "Me retrouver avec Politt, c’était super. Je le connais, c’était le compagnon idéal. L’an dernier, on était déjà sorti avec un troisième que j’ai oublié après Arenberg. Cette fois, dans toute la finale, on a créé un bon duo, on est parti ensemble. C’est un coureur généreux, comme moi, jamais avare de ses efforts. Il ne calcule pas, quand on est sorti à Gruson, on a pris nos relais à 100 % et après que le meilleur gagne. Cela a fait la différence. Politt et moi, on méritait tous les deux la victoire. C’est tombé sur moi, tant mieux, mais ç’aurait pu être lui."

Entre deux réponses, le vainqueur tente de se décoincer le dos avec des rotations. "J’ai extrêmement mal au dos depuis la fin de la course", explique-t-il. "Mon corps réagit sans doute à tous les chocs."

Alors qu’il aurait pu s’installer dans le confort que lui offraient sa position et son palmarès, Philippe Gilbert n’hésita pas, fin 2016, à réorienter complètement sa carrière.

"C’est vrai, j’ai des qualités de puncheur, plus adéquates pour les ‘ardennaises’, j’en ai profité durant la première partie de ma carrière", dit-il. "Après j’ai fait le choix du pari car j’aurais pu chercher à gagner une 5e fois l’Amstel ou une deuxième fois Liège. Mais j’aime gagner un maximum de courses. L’an dernier, je me suis imposé à Isbergues, qui manquait à mon palmarès… On a besoin de challenges excitants dans la vie. Ce qui est bien dans le sport, c’est que tout est possible. J’ai décidé de travailler autrement, j’ai rejoint l’équipe n° 1 dans ces classiques. Finalement, j’y suis arrivé en très peu de temps. La première année, j’avais gagné le Ronde, pour la troisième, j’ajoute Roubaix à mon palmarès."