Prison avec sursis et amendes requises

REIMS Le tribunal correctionnel de Reims (nord-est) rend, mardi, son délibéré dans l'affaire TVM où trois dirigeants de l'ex-équipe cycliste néerlandaise risquent des peines de prison avec sursis allant jusqu'à 2 ans et de lourdes amendes pour diverses infractions à la loi antidopage, lors du Tour de France 1998. Le tribunal avait mis son jugement en délibéré le 1er juin dernier, au terme de trois jours de débats. L'affaire TVM avait commencé le 9 mars 1998 par la saisie de 104 doses d'EPO (érythropoïétine) à bord d'un véhicule de l'équipe néerlandaise par les douanes, près de Reims. Le dossier avait été relancé quelques mois plus tard, pendant le Tour de France avec la découverte de produits 'dopants et masquants', selon l'accusation, dans les camions de TVM et dans un hôtel de Pamiers (Ariège) où séjournait l'équipe. Le procureur a requis 2 ans de prison avec sursis et 100.000 francs français (15.245 euros, 615.000 francs belges) d'amende contre Cees Priem, directeur sportif de l'équipe et 'organisateur' du dopage, 18 mois avec sursis et 10.000 francs français (1.525 euros, 61.500 francs belges) d'amende contre le docteur Andreï Mikhaïlov, 'opérateur scientifique du dopage', et 10 mois avec sursis et 40.000 francs français (6.098 euros, 246.000 francs belges) d'amende contre Ian Moors, 'le soigneur de confiance, qui préparait les seringues en l'absence de Mikhaïlov'.

Relaxe demandée pour les 3 dirigeants...

Les avocats des trois dirigeants de l'ex-équipe cycliste néerlandaise TVM ont demandé la relaxe de leurs clients, qualifiant de 'pot belge du droit' - n'apportant ni preuves ni présomptions suffisantes - le réquisitoire du procureur pour dopage organisé au sein de la formation cycliste. La tâche la plus ardue était revenue à Me Philippe Gombert, défenseur du Dr. Andreï Mikhaïlov, présenté par l'accusation comme le cerveau scientifique de l'équipe. Dans son réquisitoire le parquet avait admis que la détection directe d'EPO d'apport extérieur était impossible à l'époque. L'avocat s'est attaché à montrer que les preuves indirectes présentées par le parquet n'étaient pas établies et que les produits administrés aux coureurs n'étaient que des compléments alimentaires.
Les deux avocats de Cess Priem s'étaient attachés à démontrer la parfaite clarté des comptes de TVM, qui ne permettaient pas un financement occulte d'un quelconque dopage. Même pour l'importation illicite d'EPO, constatée par les douanes en mars 98 au péage rémois, les avocats avaient souligné que, dans l'espace Schengen, Mikhaïlov, 'qui destinait le produit à des enfants leucémiques ukrainiens', n'avait pas la conscience de commettre une infraction, le produit étant en vente libre en Espagne.