© Photonews

Cyclisme

Que la fête commence !

Philippe Van Holle

Publié le - Mis à jour le

Les favoris d'accord : la nouvelle côte de la Roche aux Faucons change complètement la finale

LIÈGE Depuis jeudi, et les premières reconnaissances effectuées par les équipes, on ne parle plus que d'elle. Elle, c'est la côte de la Roche aux Faucons : 1.500 mètres à 9,9 %. Ajoutée cette année sur l'itinéraire (15 km après la Redoute) en lieu et place de Tilff-Sart-Tilman (3,6 km certes mais à 5,3 % seulement), elle risque de faire très mal.

En soi, ce sera l'attraction de la journée car tout le monde se demande en effet comment les coureurs l'aborderont. D'autant plus que son existence modifiera aussi, sans doute, l'approche de la Redoute par les favoris. Traditionnellement, on sait que cette dernière constitue une charnière de l'épreuve. Les meilleurs s'y dégagent généralement dans les dernières dizaines de mètres, et insistent dans le léger faux plat qui suit. Dans la précédente version de la Doyenne , la côte de Tilff n'étant que peu sélective, un regroupement pouvait se produire dans la longue descente de la route à 4 bandes (N63) menant à Sclessin, juste avant d'aborder Saint-Nicolas. Qu'en sera-t-il cette fois ? Les gros bras n'auront-ils pas tendance à temporiser dans la Redoute ? Qui sait si ce ne sera pas la chance des seconds couteaux possédant encore un peu d'énergie pour tenter quelque chose à cet endroit, en misant sur la rivalité entre les grands ? En un mot comme en cent, l'introduction de cette nouvelle difficulté, avant même d'être abordée pour la première fois en course, semble avoir déjà séduit beaucoup de monde... à commencer par les spectateurs !

Frank Schleck l'apprécie

Du côté des coureurs, elle fait plutôt peur. Seuls les grands favoris, ceux qui sont sûrs de leur fait, se réjouissent de sa présence. "Je la trouve super, pour ma part, cette nouvelle bosse. C'est une vraie difficulté" , dit ainsi Damiano Cunego, qui, aux yeux de tous les spécialistes, fait vraiment figure d'épouvantail.

Frank Schleck, lui aussi grand favori, est convaincu que la course se jouera à cet endroit. "J'espère bien que cette côte me permettra de faire la différence" , confie le Luxembourgeois récent deuxième de l'Amstel Gold Race. "En tout cas, je suis convaincu que la décision tombera là !"

Evans, de son côté, acquiesce sur le fait qu'elle provoquera certainement une sélection mais ne parle pas d'une difficulté décisive. Il est vrai que l'Australien est plutôt un coureur défensif; il songe dès lors à la suite du menu : Saint-Nicolas et Ans, qui feront sans doute encore plus mal après La Roche aux Faucons...

Le vainqueur de la Flèche Wallonne, Kim Kirchen, pense que seuls les costauds se retrouveront en tête après cette roche maudite . Et il n'est pas sûr que Bettini (encore légèrement blessé aux côtes et qui l'a reconnue hier après-midi, en voiture), Valverde (qui a retardé son pic de forme pour être à son maximum au Tour de France) et Rebellin (dont les jambes de 36 ans commencent peut-être à se faire vieillissantes malgré une condition excellente) en fassent partie, de cette sélection naturelle ! À cet endroit, ceux-là risquent d'être dans le dur, comme on dit dans le jargon.

Même le jeune et prometteur Thomas Dekker redoute la difficulté de la Roche aux Faucons ! Gilbert, lui, ne l'aime pas du tout, estimant qu'il n'était pas nécessaire d'ajouter encore un obstacle supplémentaire sur la route d'Ans alors qu'il y en a déjà tellement. Peut-être changera-t-il d'avis lorsqu'il se présentera à Liège-Bastogne dans une forme lui permettant de la gagner.

On laissera le mot de la fin à un Wallon auquel la Doyenne s'est obstinément refusée, Claudy Criquielion (2e en 85 et 3e en 87) : "Ah, si cette bosse avait été utilisée à mon époque, j'aurais peut-être pu décrocher ce diable d'Argentin !" Certes, Claudy, mais à l'époque, il y avait également, dans le parcours, un certain Stephen Roche (2e en 87, 3e en 85), excellent grimpeur lui aussi...

Vos articles Sports

Fil info