Bernard Sainz, 58 ans, fut coureur cycliste amateur dans les années 60

TERMONDE Plus tard, il se reconverti dans les soins apportés aux sportifs et aux chevaux de course, ce qui, au fil des années, lui a valu le surnom pour le moins ambigu de Docteur Mabuse.

Personnage très discret quant à sa véritable profession, il hante les pelotons depuis les années 70. On dit de lui qu'il connaît toutes les générations de cyclistes depuis trois décennies. Il fut un moment directeur sportif-adjoint de l'équipe Fagor-Mercier puis de la formation Gan-Mercier, dirigées par Louis Caput, et dont les vedettes étaient Raymond Poulidor et Cyrille Guimard.

On le vit notamment aux côtés de Guimard dans le Tour de France 1972, quand le sprinter breton réussit plusieurs jours à tenir tête à Eddy Merckx, avant d'être contraint à l'abandon, les deux genoux bloqués malgré de nombreuses infiltrations. C'est sur les hippodromes que Bernard Sainz, condamné à deux reprises il y a une dizaine d'années pour mauvais traitements infligés à des chevaux, a hérité du sobriquet de Docteur Mabuse, après avoir obtenu des résultats qui laissèrent incrédules les spécialistes du milieu hippique dans lequel il avait fait son apparition en faisant courir des galopeurs sous ses propres couleurs.

Ce surnom est aussi celui d'un faux docteur et criminel diabolique dans un film allemand des années 20 intitulés Les rayons de la mort du Docteur Mabuse.
Sainz semble aussi actif auprès de gens du cinéma et d'hommes politiques si on en croit le cycliste français repenti Erwan Manthéour, qui, dans son livre Secret défonce, parle avec affection de lui comme fournisseur de remèdes issus de l'homéopathie.

En 1999, suite à l'affaire Sainz-Lavelot, Vandenbroucke aura le même type de réaction, précisant lui aussi n'avoir fait que suivre un traitement homépathique. Quelques jours plus tôt, le 9 mai 1999, Bernard Sainz, en compagnie de Bertrand Lavelot, avait été inculpé et écroué dans le cadre d'une affaire de trafic de produits dopants dans le milieu cycliste qui avait éclaboussé d'une manière ou d'une autre de nombreux cyclistes de renom comme Frank Vandenbroucke, Richard Virenque, Laurent Roux, Philippe Gaumont...

Poursuivi pour infraction à la législation française sur les substances vénéneuses et à la législation sur les produits dopants, il était également inculpé pour exercice illégal de la médecine. Des traces de corticoïdes et d'anabolisants avaient été décelées dans un lot de dix seringues usagées trouvées deux jours plus tôt dans son bureau. Il avait été remis en liberté le 30 juillet de cette année là et était réapparu très ouvertement un an plus tard sur une étape du Tour de France, entre Nantes et Vannes, pour faire la promotion de son livre intitulé Les stupéfiantes révélations du Docteur Mabuse.

Depuis, il semble qu'il n'avait jamais vraiment quitté les pelotons...