L’UCI a délivré les 18 licences World Tour , mais un accord doit encore être signé sur le mode de participation aux Tours

BRUXELLES L’Union cycliste internationale a délivré ses dix-huit licences du World Tour . En plus des quinze déjà connues (voir ci-contre), AG2R-La Mondiale, Quick Step et Euskaltel ont également obtenu leur précieux billet, alors que Cofidis et Geox sont reléguées en division 2. Celles-ci seront donc condamnées à obtenir une invitation pour les classiques, les grandes courses à étapes mais aussi les trois grands Tours, où à peine quatre invitations pourront être distribuées.

On pourrait engager sur le Tour, comme dans les classiques par exemple, vingt-cinq équipes de huit hommes au lieu de vingt-deux de neuf” , explique Christian Prudhomme, le patron du Tour. “Mais il faut savoir que, d’abord, le règlement l’interdit et ce nombre de neuf coureurs, ce sont les groupes sportifs qui le demandent. Ensuite, il y a un autre paramètre auquel, nous, organisateurs, nous tenons. Depuis des années, tant bien que mal, nous essayons d’endiguer la démesure du Tour. Une équipe sur le Tour, ce sont trente à trente-cinq personnes et dix véhicules déclarés. Enlever un coureur, ça diminuera à peine ce total car le personnel restera le même. Or, dans beaucoup de régions, d’endroits, nous sommes à la limite. Les capacités d’accueil, au départ dans les petits villages, où nous voulons continuer à nous rendre autant que dans les grandes villes, sont souvent réduites. Vingt-cinq équipes, ce serait donc une logistique bien plus importante et étouffante.”

Mais il y a un autre problème. À un peu plus de sept mois du départ de la Grande Boucle , les règles de participation à la course ne sont pas encore établies de manière formelle.

À moins de repartir dans une logique de guerre que nous ne voulons pas, on a deux possibilités” , rapporte Jean-François Pescheux, bras droit de Prudhom- me. “Soit l’UCI signe avec nous, organisateurs des trois grands Tours, un accord de règlement sur la base de la qualification des dix-huit équipes du World Tour, et il nous reste quatre possibilités d’invitation, soit, on reprend le contrat signé en septembre 2008 qui qualifie les dix-sept premières équipes du classement mondial 2010. Nous, nous préférons la première position avec l’évaluation sportive de 2011 qui prévaut.”

Pendant des années, alors qu’ils étaient en conflit avec l’UCI, les gens d’ASO réclamaient un système de montée et descente, mais désormais, c’est la valeur future des équipes qui est prise en compte. “Le cyclisme n’est pas le foot” , se défend Pescheux. “Vous voyez le Tour se courir sans les Schleck parce que leur équipe est nouvelle ? Bien sûr, si Messi est transféré dans une équi- pe qui n’est pas qualifiée, il ne jouera pas en Coupe d’Europe, mais en vélo, les structures ne sont pas les mêmes, les équipes cyclistes ne sont pas les clubs, elles n’ont pas la même garantie d’existence à terme.”



© La Dernière Heure 2010