"Il y avait une ambiance incroyable. Quand j’ai relâché mon effort à 25 bornes de l’arrivée, les gens scandaient mon nom. Je n’oublierai jamais ces instants-là. Mais bon, j’ai une certaine amertume parce que nous ne montons pas sur le podium.”

Remco Evenepoel a pesé sur la course. Comme à son habitude, il s’est montré surpuissant par moments. À deux reprises, il a pris l’échappée. “Comme on me l’avait demandé.”

Et il s’est retrouvé dans le groupe de dix-sept coureurs qui a fait la cassure décisive à plus de cinquante kilomètres de la ligne. Il en a d’ailleurs pris la tête durant trente bornes, ne cédant le relais à personne. Une initiative qui a pu surprendre. “J’ai fait ce que Wout m’a dit”, répond-il. “Avant le Smeysberg, il est venu à ma hauteur et m’a dit qu’il voulait que j’impose un rythme très soutenu afin de creuser l’écart sur les poursuivants.”

“J’ai bel et bien roulé pour l’équipe”

Cette tactique n’a donc pas porté ses fruits. Elle a, au contraire, fait les affaires de Julian Alaphilippe, son équipier chez Deceuninck-Quick Step. “C’était lui qui avait les meilleures jambes. Les miennes étaient vides. Visiblement, celles de Wout et de Jasper aussi. On savait que Julian serait là. Il a montré une nouvelle fois qu’il a la grande classe. C’est dommage pour nous parce que nous avons fait tout ce que nous pouvions. On a appliqué le plan à la lettre. J’ai fait mon job et j’ai bel et bien roulé pour l’équipe.”

Ses détracteurs ne pourront, en effet, pas dire le contraire. Evenepoel a mouillé le maillot durant une journée très animée. “C’était peut-être la course la plus spectaculaire de l’année. Les cinq dernières heures, ça a roulé très vite. C’était de la folie.”

Et maintenant trois courses italiennes

Sur le plan personnel, ces championnats du monde ont conforté l’impression laissée par le Brabançon depuis quelques semaines. Il est en pleine forme et semble encore monter en puissance au fil des jours. De très bon augure pour la dernière ligne droite de la saison qui le conduira dès la fin de la semaine en Italie. Il s’y alignera à trois reprises : au Tour d’Emilie (le 2 octobre), à la Coppa Bernocchi (le 4) et, bien sûr, au Tour de Lombardie (le 9).

“Si je suis capable de m’y imposer ? C’est une bonne question. Je vais d’abord récupérer en mangeant un bon paquet de frites”, dit-il en souriant. “Cela dit, c’est vrai que ce sont des parcours qui me conviennent mieux. Je ferai tourner les jambes en Emilie et à la Coppa Bernocchi. Et puis, pourquoi ne pas essayer de finir l’année sur une victoire ?”

En Lombardie, il pourra, en tout cas, compter sur un Wolfpack aux anges après le triomphe d’Alpahilippe, un champion du monde qui n’hésite jamais à aider ses équipiers dès qu’il le peut. “Comme toujours, nous aurons deux, trois gars capables de jouer la gagne.”

Cette fois, il sera l’un d’eux.