Le Toscan a dominé le Tour Méditerranéen de la tête et des épaules

MARSEILLE L'aisance avec laquelle il mime le geste de l'épée ne laisse planer aucun doute: Michele Bartoli est redevenu le guerrier que tout le cyclisme italien attendait. La chasse aux classiques printanières, dans un gros mois, risque de s'ouvrir sous le nom du leader toscan de l'équipe Fassa Bortolo, qui a retrouvé, sous l'égide de Giancarlo Ferretti, son père spirituel, cette verve qui s'était passablement étiolée chez Mapei.

C'est avec Giancarlo Ferretti aux commandes que Michele Bartoli avait remporté le Tour Méditerranéen en 1997 à la tête de l'équipe MG-Technogym. Sûr que le Sorcier n'est pas étranger à la renaissance de Bartolino cette fois-ci. "Il y avait belle lurette que j'éprouvais le besoin de ressentir ces sensations", explique Bartoli. "Je suis redevenu ce coureur qui plaçait telle ou telle course dans son collimateur et qui la ciblait."

La couleur est annoncée en vue de Milan - Sanremo et du Tour des Flandres. "Mais avant ça, je veux m'attaquer à Tirreno - Adriatico que j'ai déjà enlevé en 1999."
Samedi, dans l'étape la plus ardue de ce Tour Med, qui menait le peloton vers le mont Faron, Michele Bartoli a d'abord laissé le soin à Richard Virenque de tirer les premières cartouches. En compagnie de Laszlo Bodrogi, le Varois de l'équipe Domo compta une avance maximale de 3:53. Mais dans l'ascension du col de Fourches, à 65 bornes de l'arrivée, Bartoli a demandé à Gonchar, à Tiralongo et à Petacchi de passer à la vitesse supérieure. Et tandis que Jalabert et Di Luca, notamment, étaient retardés à l'arrière du peloton à cause d'un cheval qui leur coupait la route, les hommes de la Fassa Bortolo opéraient la jonction.

Au pied du mont Faron, Michele Bartoli n'avait plus qu'à placer l'estocade. Dans des conditions climatiques dantesques qui n'étaient pas sans rappeler celles de la Flèche Wallonne qu'il décrocha en 1999, le Toscan cueillait ainsi la première victoire de prestige de sa saison. Première équipe mondiale, Fassa Bortolo aura, en tout cas, écrasé cette 29e édition du Tour Méditerranéen. Au succès final de Bartoli et à sa victoire d'étape sur le mont Faron, il convient, en effet, d'ajouter le bouquet happé dans le clm par équipes mercredi et celui ravi par Petacchi hier à Marseille. Et comme Cipollini et Lombardi en ont fait autant pour le compte d'Acqua&Sapone, on mesure mieux la razzia qu'ont réalisée les Italiens dans le Midi!