L’Italien cherche à se refaire une virginité, mais il reste très ambitieux

ROTTERDAM Le Cobra est sur ses gardes. Près d’un an après avoir purgé sa suspension (vingt mois) pour dopage, Riccardo Ricco se sent toujours un peu traqué dès lors que des journalistes l’interrogent. Le coureur d’Emilie-Romagne, accompagné hier de sa compagne, Vania Rossi, qui venait d’enlever la veille le championnat d’Italie de cyclo-cross, tente cependant de faire bonne figure. Il y a douze mois, la jeune femme avait été contrôlée positive à la Cera dans la même épreuve avant que l’analyse de l’échantillon B ne la disculpe.

Le retour à la compétition de Ricco (chez Flamina, du 18 mars à septembre) a été détonnant avec six succès à la clé, puis encore, après son passage chez Vacansoleil en septembre, une victoire à la Coppa Sabatini.

Privé l’an dernier de Giro (”J’ai de bonnes raisons pour cela”, avait dit alors son organisateur, Angelo Zomegnan), Riccardo Ricco a cherché cet hiver à se refaire une virginité en faisant d’une pierre deux coups. Il s’est en effet associé à Aldo Sassi, dont la réputation de probité était aux antipodes de celle du coureur transalpin.

Mais il y a un mois, le médecin sportif et coach italien décédait d’une tumeur au cerveau.

“Aldo est mort, malheureusement”, disait, hier, Ricco. “Mais son esprit existe toujours au centre Mapei. Je travaille maintenant avec des gens qui ont collaboré avec lui ces quinze dernières années et qui utilisent ses méthodes. Travailler avec Sassi a fait énormément de bien pour mon image, c’est vrai, mais je veux surtout que ça porte ses fruits. Avant cela, je m’entraînais selon mes sensations, au feeling, maintenant, je suis un programme précis, des plans, une méthode de préparation. (sic) On analyse ce que je fais, on corrige... Je suis occupé à écrire un nouveau chapitre du livre de ma carrière.”

Dont il rêve d’une pleine page en lettres d’or au Tour d’Italie.

“Le Giro est mon objectif prioritaire”, dit le coureur. “Bien sûr, je veux le gagner, mais une place sur le podium serait déjà bien. Il est dur, très, très dur, mais on dit ça à chaque fois. En Italie, il y a énormément de cols difficiles. On en met chaque fois plus, mais ce sont les coureurs qui font la cour- se. Eh! oui, gagner le Giro sans dopage, c’est possible. Pour cela, il faut travailler et faire son métier correctement.”

L’Italien débutera sa saison à la Marseillaise, début février. “Ensuite, j’enchaînerai le Tour méditerranéen, puis celui d’Algarve avant Paris-Nice, Milan-Sanremo, le Tour de Catalogne, l’Amstel et les deux classiques wallonnes.”

Pour le Tour, qu’il avait quitté il y a deux ans à Lavelanet escorté par les gendarmes, rien n’est décidé. “On fera le point après le Giro”, dit-il.



© La Dernière Heure 2011