Le Varois revient à son rythme dans le coup

LA MOLINA Admettons-le tout de go: il ne faut pas écarquiller les yeux d'étonnement en voyant Richard Virenque vagabonder le plus souvent dans les positions les moins nobles du peloton sur le 56e Tour d'Espagne. Les esprits chagrins ne manqueront pas de vous rétorquer que pour son grand retour à la compétition après sa suspension de neuf mois pour dopage, le quintuple maillot à pois du Tour de France n'a pas encore trouvé la force de briller. Qu'il n'a, en un mot comme en cent, jamais pu suivre les meilleurs dans les ascensions.
Après dix étapes, faut-il dès lors accabler le Varois? Nous nous en abstiendrons. `Je reviens petit à petit dans le parcours , explique l'intéressé . Tout se passe bien. La course est très difficile. Après quatre jours à peine, nous étions déjà confrontés à de la haute montagne. Et qu'on ne s'y méprenne pas: le niveau est extrêmement relevé.´
Bref, Richard Virenque ne se met aucune pression sur les épaules. `Je ne suis pas devant mais c'est tout à fait normal. Je refais mon retard pour revenir à mon meilleur niveau. Il faut que j'accumule les kilomètres.´
Reste que s'il veut marquer les esprits et, éventuellement, accrocher une place dans la sélection française qui s'en ira défendre ses chances au Championnat du Monde de Lisbonne, Richard Virenque se doit de viser sinon une victoire d'étape au moins l'une ou l'autre place d'honneur. `Vous savez, je vais être tout à fait franc avec vous. Gagner une étape sur cette Vuelta, c'est pratiquement mission impossible pour l'heure. Il faut demeurer réaliste et ne pas chercher à brûler les étapes. Je réduis l'écart avec les meilleurs jour après jour mais gagner c'est encore trop loin. Il faut faire montre de patience.´
Le coureur hexagonal ne dit, du reste, pas autre chose lorsqu'il prétend que dans tout sport, s'arrêter neuf mois, revenir et monter aussitôt sur la plus haute marche du podium relève quasiment du miracle. `En cyclisme, en tout cas, c'est impossible. Si c'était possible, on prendrait tous de longues vacances et on reviendrait juste pour gagner la course qu'on veut. Malheureusement, ça ne marche pas comme ça. Je l'avais dit avant et je le répète aujourd'hui: je suis ici pour préparer le Championnat du Monde, et c'est le seul objectif que je me fixe.´
N'empêche: par rapport à Marco Pantani, la situation actuelle de Richard Virenque n'est pas précisément à plaindre. Tiens, à propos du Pirate , ce dernier a récemment émis le souhait auprès de ses dirigeants de recruter non seulement le Varois mais aussi un certain Frank Vandenbroucke. Qu'en pense le Français? `Oui, je l'ai aussi lu dans les journaux. D'abord, je suis sous contrat avec l'équipe Domo jusqu'à la fin de cette saison avec une option pour une année supplémentaire. N'oublions pas que cette équipe m'a bien traité. Elle m'a tendu une perche. Je vais donc avant tout m'asseoir à table avec Patrick Lefevere et parler avec lui en priorité. Et après, on verra les autres offres. Quant à l'équipe de Pantani, il faut que son manager vienne me voir s'ils sont réellement intéressés. Il faudra peser le pour et le contre. En tout cas, je ne prendrai pas une décision à la légère. On verra tout ça plus tard.´