Très bon quatrième d’un chrono où il a devancé Campenaerts, le coureur de chez Lotto-Soudal a impressionné le sélectionneur.

Temps fort de la Course au Soleil dans la perspective du classement général, le contre-la-montre de quinze kilomètres tracé mercredi autour de Saint-Amand-Montrond (la ville natale de Julian Alaphilippe) l’était aussi sous un prisme bien plus belgo-belge.

On le sait depuis plusieurs mois déjà, notre coach national pourra emmener une sélection de cinq coureurs aux prochains Jeux olympiques de Tokyo parmi lesquels deux devront doubler chrono et course en ligne. Si Remco Evenepoel a validé son billet pour le Japon dès l’été dernier grâce à son titre de champion d’Europe de la spécialité, le choix de Rik Verbrugghe quant à l’identité du second spécialiste de l’effort en solitaire qu’il emmènera en Asie s’annonce cornélien. Entre le phénomène de Schepdaal, Van Aert, Campenaerts, Lampaert, Teuns (vainqueur du chrono de la Ruta del Sol) ou encore Thomas De Gendt, notre pays n’a, en effet, jamais concentré autant de talents dans cet exercice.

S’il se présentait lui-même comme le quatrième choix hiérarchique de cette liste mercredi matin, le coureur de chez Lotto-Soudal a frappé les esprits en prenant la 4e place du chrono de Paris-Nice (à 13 secondes du vainqueur Kragh Andersen mais 4 secondes devant le recordman de l’heure Victor Campenaerts).

"Il a très clairement marqué des points dans la perspective de Tokyo ! , lançait le sélectionneur national Rik Verbrugghe. Thomas a livré une très grosse prestation qui prouve qu’il est un sérieux candidat pour un billet en direction du Japon. Motivé par sa troisième place sur le chrono du dernier Tour de France à Pau, il a beaucoup travaillé cet exercice cet hiver à l’entraînement mais aussi cherché à améliorer sa position. Il a d’ailleurs fait l’acquisition d’un nouveau cintre (NdlR : semblable à celui qu’utilise Campenaerts) dans ce but. Même si elle était beaucoup plus courte que le chrono des Jeux olympiques (15 km contre 44,2 km au Japon), le profil de cette quatrième étape de Paris-Nice se rapprochait de ce qui attendra les coureurs au Japon où le tracé sera aussi très athlétique."

Si De Gendt déteste jouer des coudes et préfère les courses par étapes aux épreuves d’un jour en raison de la moindre nervosité qui habite alors le peloton, Verbrugghe a déjà son idée sur le rôle qu’il pourrait attribuer au double vainqueur d’étape sur le Tour.

" Thomas peut constituer une redoutable arme tactique , poursuit le coach national. Il est par exemple capable de se glisser dans une échappée qui constituerait une réelle menace pour nos adversaires mais aussi abattre un gros boulot en tête de peloton sur un parcours escarpé. J’en ai d’ailleurs déjà discuté avec lui…"

À plus de cinq mois des épreuves olympiques, l’ancien vainqueur de la Flèche wallonne se garde toutefois de tirer des conclusions définitives dans la perspective d’une sélection qu’il aimerait officialiser le 1er juin.

"La forme de Campenaerts est tout à fait correcte à ce moment de la saison. Je sais qu’il est possible que Wout Van Aert ne dispute aucun chrono avant le mois de juin mais je saurai déceler des indices sur son degré de compétitivité dans d’autres choses. S’il retrouve son niveau de l’année dernière, il sera un candidat naturel au voyage olympique. J’ai prévu d’analyser les données de puissance en course des différents candidats et de croiser celles-ci avec les précédentes performances des coureurs concernés dans le chrono ces dernières années et mon ressenti. La science de l’entraînement a fait d’énormes progrès ces dernières années, et il serait stupide de ne pas s’en servir. J’emmènerai un second authentique spécialiste du chrono à Tokyo si je suis convaincu qu’il est capable de monter sur le podium. Si ce n’est pas le cas, l’identité des quatre coureurs qui accompagneront Remco Evenepoel sera alors exclusivement déterminée en fonction de la course en ligne."

Campenaerts (6e) : “Tokyo est encore loin”

“Je trouve cela un peu étrange que les médias ne parlent que de cette sélection pour Tokyo. Si je gagnais cinq courses du WorldTour mais que je n’étais pas du voyage au Japon, je pense que ma maison pourrait tout de même être qualifiée de réussite… La hiérarchie de ce chrono ne sera pas nécessairement celle des Jeux, Tokyo est encore loin. Je suis en forme, mais cela ne s’est pas réellement traduit en termes de résultats.”

Thomas De Gendt (4e) : “Déçu”

Je suis déçu de ma 4e place finale car je roule pour gagner et j’ai longtemps détenu le meilleur temps. Mais il faut aussi que je sois conscient des progrès que j’ai réalisés dans cet exercice. Autrefois, je me battais pour un top 20… Déjà, lors de la reconnaissance effectuée mercredi en compagnie du performance manager Kevin De Weert, j’avais un bon feeling. Cela s’est confirmé en course et je peux dire que le test est réussi. C’est prometteur pour la suite de la saison.”