Il souffre d'une tendinite au genou qu'il ne veut pas aggraver

BRUXELLES N'ayons pas peur de l'avouer: lors des célébrations qui, cet automne, vont succéder à la saison cycliste, les récompenses vont pleuvoir au niveau belge pour Rik Verbrugghe. Du Vélo de Cristal au Sprint d'Or, Rik risque, en effet, de rafler souvent la mise. Sauf si, évidemment, Lisbonne devait sacrer un champion du monde provenant de nos contrées dans moins d'un mois. Ce maillot arc-en-ciel, en tout cas, n'ornera certainement pas les épaules du coureur hennuyer de l'équipe Lotto-Adecco. En cause, une fâcheuse tendinite à l'arrière du genou qui s'est aggravée la semaine passée lors du GP Eddy Merckx. " Je me suis retrouvé face à deux possibilités. Soit je prenais le risque de forcer en continuant à rouler tout en me soignant. Soit j'optais pour le repos pur et simple. J'ai choisi cette dernière."
C'est la voie de la sagesse et de la prudence que Rik Verbrugghe a empruntée. " J'en ai longuement discuté non seulement avec mon médecin mais aussi avec Jos Braeckevelt, notre directeur sportif. D'autres m'auraient incité à remettre le nez dans le guidon jusqu'au Tour de Lombardie, mais pas Jos. Il m'a fait prendre conscience que ma saison était déjà bien réussie comme ça et qu'en la poursuivant, le risque de me retrouver face à des complications physiques en décembre et en janvier était grand. Or c'est précisément à cette période-là qu'on jette les bases pour la saison à venir. Le Mondial de Lisbonne, c'eût été chouette mais il n'aurait rien changé à ce que j'ai déjà réalisé. "
Lauréat du Critérium International et de la Flèche Wallonne, maillot rose et vainqueur du prologue sur le Giro, vainqueur d'étape sur le Tour de France: il n'y a pas à dire, Rik Verbrugghe a écrit de belles lettres de noblesse cette année. " Le déclic, ce fut ma victoire dans le Critérium International. Ensuite, ma plus belle victoire, c'est celle conquise à Lavaur sur le Tour de France. Aujourd'hui encore, beaucoup de personnes ne m'écrivent que pour me féliciter de ce succès d'étape. La Flèche ? Oui, c'est sûr qu'elle me tient particulièrement à coeur, mais d'un point de vue strictement populaire, rien ne vaut la Grande Boucle. "

" En 2002, je ferai le Giro pour y viser un bon classement "

Rik Verbrugghe ne modifiera pas son calendrier au printemps prochain. Ou presque pas. " En fait, il n'est pas impossible que je dispute Tirreno-Adriatico à la place de Paris- Nice. Ensuite, il est acquis que je roulerai à nouveau le Tour d'Italie. Et pas pour y viser seulement l'une ou l'autre victoire d'étape mais bien pour figurer le plus haut possible au général ! Cette année, en haute montagne sur le Giro, je décrochais volontairement pour ne pas hypothéquer la suite de ma saison mais je sentais que si j'avais eu envie de suivre les meilleurs, je n'aurais sûrement pas été très loin d'eux. Bref, l'année prochaine, je disputerai le Giro à bloc ! "
La gloire et le succès n'ont heureusement pas changé Rik, qui garde la tête toujours aussi solidement accrochée sur les épaules. " Cette saison 2001 a prouvé qu'hormis au sprint, j'étais capable de gagner sur quasi tous les terrains. "
En clair, Rik est devenu le coureur complet par excellence...