Dans la foulée immédiate de son premier repérage du circuit d’Imola, il y a un peu plus de deux semaines, Rik Verbrugghe avait très clairement défini le plan qu’il jugeait le plus adéquat pour porter l’un de nos coureurs vers la plus haute marche du podium dimanche. "Il faudra rendre notre tactique la plus difficilement lisible pour nos adversaires", avait ainsi lancé le sélectionneur national.

Une petite phrase laissant le champ libre à de multiples interprétations mais sur laquelle l’ancien vainqueur de la Flèche Wallonne donnait un éclairage neuf jeudi.

"Nous ne prendrons pas la course en main d’un bout à l’autre de l’épreuve de dimanche, avançait ainsi Verbrugghe. Je n’ai pas envie de voir mes gars rouler toute la journée pour Alaphilippe, Hirschi ou un Espagnol par exemple. Je ne voudrais pas que nous évoluions comme les Jumbo-Visma sur le Tour pour que nous subissions le même sort au final… Dans le cyclisme moderne, on voit de plus en plus que ce ne sont pas souvent les équipes qui pèsent le plus sur la course collectivement qui repartent avec la victoire. Cela ne veut pas dire que nous adopterons une attitude défensive ou de suiveurs, mais il convient d’en tirer certaines conclusions..."

"Il faudra prévoir un plan A, B, C et D"

Sur une course disputée sans oreillettes, le sélectionneur national sait que la communication sera l’un des facteurs clés de la réussite dimanche. "Être privé de cet outil de communication est indéniablement un désavantage pour un pays comme le nôtre, mais nous comptons dans nos rangs des éléments aux épaules larges, capables de prendre leurs responsabilités dans la course. Wout Van Aert et Greg Van Avermaet seront nos deux leaders et il leur appartiendra de se comporter comme tels en course en pilotant la manœuvre. Je souhaite cependant que les choses soient claires dans l’esprit de tout le monde et que nous ayons défini des plans A, B, C et même D (rires). Ce que je veux dire par là, c’est que la répartition des rôles et des responsabilités doit être limpide pour chacun et que si nous venions à perdre un homme sur une chute, un incident mécanique ou un coup de fatigue, les autres éléments sachent alors parfaitement comment se répartir le travail. Comme souvent, mon travail consistera en une tentative d’anticipation des événements."