Après une nouvelle victoire de Degenkolb, place au chrono que craint Purito

SANXENXO Joaquin Rodriguez a adoré ce début de Tour d’Espagne. À tel point qu’il s’est senti pousser des ailes, avec une victoire d’étape au sommet de l’ascension de Jaca, où personne n’a pu le suivre, trois deuxièmes places (deux au sommet des d’Eibar et de la Galina, où, à chaque fois, il a été coiffé par Valverde, ainsi qu’une autre dimanche, à Montjuich, où Philippe Gilbert l’a privé de la victoire).

À force de grappiller ça et là des secondes, il porte également le maillot rouge de leader de cette Vuelta séduisante, avec 53 secondes d’avance sur Chris Froome, une minute sur Alberto Contador et 1:07 sur Alejandro Valverde (ce dernier aurait dû être bien mieux placé s’il n’avait pas perdu 55 secondes lors de la 4e étape, en chutant alors que les Sky de Froome lançaient les hostilités via une bordure qui a semé la pagaille).

Mais dans cette belle lutte à quatre, Joaquin Rodriguez s’attend à perdre une bataille, ce mercredi. Car il a rendez-vous avec sa bête noire : le contre-la-montre. Et celui d’aujourd’hui, entre Cambados et Pontevedra, est long de près de quarante bornes (39,4 km), présentant le petit col du Mont Castrove (une grimpette de troisième catégorie) à mi-parcours.

Tout le monde se souvient de sa déconvenue, sur ce même Tour d’Espagne, en 2010. Alors leader à cinq journées de la fin, Purito avait perdu plus de six minutes lors du chrono de Penafiel (long de 46 kilomètres) sur le vainqueur, Peter Velits, et plus de quatre minutes sur le futur vainqueur de la Vuelta, Nibali. Depuis, Joaquin Rodriguez assure avoir travaillé l’exercice en solitaire. Mais il sait que les contre-la-montre reste son point faible.

Pour moi, ce chrono sera dur” , explique-t-il. “Mais le tracé n’est pas mal, avec peu de plat. Si je perdais une seule minute, ce serait magnifique parce que cela voudrait dire que je pourrais presque conserver mon maillot rouge. Je pense que j’accuserai un peu plus de retard, mais l’objectif est de perdre le moins de temps possible .”

Car il sait qu’avec sa condition et surtout les nombreux cols encore à gravir d’ici à l’arrivée finale à Madrid, Joaquin Rodriguez aura encore l’occasion de rattraper le temps perdu. “Je suis donc satisfait de compter une minute d’avance” , termine-t-il. “Mais pour avoir l’espoir de gagner cette Vuelta, je dois livrer le chrono de ma vie et espérer que Froome et Contador, qui sont dans une grande forme et qui sont meilleurs que moi dans cette discipline, soient dans un mauvais jour...”



© La Dernière Heure 2012