Peter Sagan a remporté la 4e étape de la Course des 2 Mers en brûlant la politesse à son leader, Vincenzo Nibali

envoyé spécial en italie philippe Van Holle

Depuis le début de cette épreuve, le nom de Sagan circule sur toutes les lèvres au sein du peloton de Tirreno-Adriatico. On savait l’homme en forme, il l’a incontestablement prouvé dans la finale très sélective dans les rues du centre historique de Chieti, allant même jusqu’à brûler la politesse à son leader, Vincenzo Nibali, pour lequel, en plus, il avait travaillé sans compter dans les 15 derniers kilomètres de l’étape.

“Pourtant, je ne pense pas avoir commis d’erreur en débordant Nibali dans les derniers mètres” , disait-il après la course alors que des journalistes italiens le mettaient quelque peu sur la sellette. “Il avait démarré certes, mais il n’avait pas réussi à faire la différence. Di Luca était en embuscade et s’apprêtait à le contrer. J’ai agi de la sorte dans l’intérêt de mes couleurs, il fallait que la victoire reste dans l’équipe.”

Ce dimanche, d’ailleurs, Nibali devrait avoir sa revanche dans la grande étape de montagne programmée entre Martinsicuro et Prati di Tivo (même si elle pourrait être écourtée, ou tronquée, à cause de la neige). “Je me mettrai totalement à son service,” dira encore Sagan quand même un rien embarrassé par la situation. Nul doute que les choses allaient être mises au point, hier soir, lors du dîner des Liquigas...

Cette petite polémique n’enlève évidemment rien aux mérites du Slovaque. Au contraire même. Après tout le travail qu’il avait effectué dans la finale, on aurait pu croire qu’il devrait baisser pavillon une fois la bataille pour la victoire déclenchée entre les puncheurs. Il n’en fut rien, ce qui prouve que le jeune coureur détient la toute grande forme avant la Primavera .

“Je pense être prêt pour cette classique en effet. Et les 250 km de ce samedi constituaient à la fois un entraînement et un test parfaits avant Sanremo. Évidemment, pour gagner celle-là, il faut un peu de chance, mais j’ai en tout cas les jambes qu’il faut pour tenter le coup.”

Et c’est vrai qu’on a parfois dit de lui qu’il était encore jeune pour s’imposer dans une longue classique du World Tour , mais cette étape de Tirreno , avec son final difficile, faisait quand même 252 km ! C’est Philippe Gilbert qui prétendait encore récemment que Sagan pourrait être le coureur qui lui succéderait… plus tard. Quand nous avons soumis cette réflexion au vainqueur du jour, il a souri. “Je l’espère, son palmarès est exceptionnel. Mais si j’ai beaucoup de respect pour Gilbert, j’espère même devenir meilleur que lui.” Voilà ce qui s’appelle avoir de l’ambition. Le Liégeois, en tout cas, fera bien d’être sur ses gardes, dès cette saison-ci !



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