Philippe Gilbert réfute le titre de superfavori du prochain Mondial

BBRUXELLES C’est avec le sentiment du devoir accompli que Philippe Gilbert est rentré de son périple au Canada, marqué par son succès, vendredi, dans le GP de Québec et sa prise (définitive) de pouvoir au classement mondial. Certes, il y eut la grosse frayeur de la chute survenue dimanche, après 58 kilomètres, à Montréal. Mais le Wallon en aura été quitte pour une belle fr ayeur.

“Comme l’an passé quand j’avais chuté à la Vuelta avec le maillot rouge de leader sur les épaules, j’ai directement songé que ma saison était finie et que je pouvais faire une croix sur le Mondial”, avouait Gilbert. “J’étais groggy, complètement hors du coup pendant quelques instants. Mais, ensuite, cela a été de mieux en mieux.”

Revenu dans le peloton avec l’aide de son équipe, le Wallon a d’emblée rassuré les siens.

“Je suis plus dur que l’asphalte”, leur a-t-il lancé, avant de les faire travailler dans la seconde partie de l’épreuve, dont il allait encore marquer de son empreinte les ultimes moments.

D’abord, il attaqua à vingt bornes, puis, surtout, c’est une démonstration du genre qu’il a offerte lors du sprint. À l’entrée de la dernière ligne droite, il était clair que la victoire se jouerait entre l’un des trois coureurs échappés, le Portugais Rui Costa, le Français Pierrick Fedrigo et l’Autrichien Stefan Denifl. C’était sans compter avec le jusqu’au-boutisme du Wallon qui se lança dans une manœu-vre apparemment désespérée, avec son équipier Jürgen Roelandts dans sa roue, pour venir échouer sur les talons des deux premiers, Denifl ayant dû s’a-vouer vaincu, tout comme Roelandts ne put prendre le relais de son chef de file.

“Dans le final, l’allure avait été rapide et ça m’a aidé”, poursuivait le Liégeois. “Quand ça va vite, ça m’avantage. J’ai fait un des sprints les plus longs de la saison ! Je ne pouvais pas partir avant. C’est dommage de passer si près de la victoire, mais vu les circonstances, notamment ma chute, je suis malgré tout content.”

ses deux performances auront pleinement rassuré le champion de Belgique qui, la semaine passée, avait surpris en déclarant qu’“il serait débile de (le) considérer comme leader unique de l’équipe belge au Mondial”.

Car le prochain Championnat du Monde sera couru, le dimanche 25 septembre, sur un tracé qui ne convient pas du tout aux qualités de puncheurs du Monégasque, sans aucune difficulté.

Trois paramètres peuvent toutefois plaider pour le Wallon : la distance extrême du Mondial, la météo et notamment le vent qui souffle toujours sur le circuit danois, et l’intensité de la course, notamment dans sa phase finale. Sans parler des 300 derniers mètres à 3-4%, un peu comme l’an passé.

“On nous désigne comme les favoris, mais on n’a pas de sprinter, ce ne sera pas à nous à travailler”, dit-il. “Si les autres nations rendent la course dure, alors, j’aurai peut-être une chance.”

Paolo Bettini, le coach italien, a déjà promis que la Squadra donnerait un coup de main aux Belges pour éviter un sprint.



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