L'Allemand se prépare mentalement depuis deux ans à ces Mondiaux

Envoyé spécialen ALLEMAGNEPHILIPPE VAN HOLLE

STUTTGART Stefan Schumacher qui s'entraîne, vendredi matin, en plein trafic, dans une belle côte de Stuttgart certes, mais sur une route à quatre bandes complètement embouteillée, l'image est surréaliste et, pourtant, nous n'inventons rien. Dans quel autre sport verrait-on un candidat au titre de champion du monde prendre de tels risques à deux jours d'un rendez-vous capital pour lui !

C'était pourtant bien lui, le régional de l'étape que l'on a vu, montant la difficulté à l'aise, sur un tout petit braquet, sous l'oeil distrait, voire un rien agacé même, des conducteurs pressés de se rendre au travail.

"J'habite Grossbetlingen, à 25 km environ du centre de Stuttgart , nous confiera-t-il après l'entraînement, c'est dire si je connais bien toutes ces routes, y compris celles qui forment le circuit, bien entendu. Près de chez moi se trouve une côte qui ressemble furieusement à celle qui représentera dimanche la plus grande difficulté du parcours, le Herdweg. Je la pratique quasi quotidiennement, si je puis dire, je pense qu'elle est même plus dure que celle du Mondial. Voilà pourquoi je n'ai pas éprouvé le besoin de venir systématiquement m'entraîner sur le parcours."

Voilà deux ans que Schmacher a dit à tous ceux qui voulaient l'entendre qu'il voulait être champion du monde chez lui. Aujourd'hui, le monde (du cyclisme) l'attend, au pied du mur, pour voir s'il sera exact au rendez-vous." Je sais que j'ai dit ça et je pense que c'était un peu présomptueux de ma part , dit-il en riant. Parce qu'il y a toujours un... monde entre ce qu'on voudrait faire et ce qu'on peut faire. Dimanche, il y aura vingt ou trente coureurs qui voudront être champion; au final, il n'y en aura toujours qu'un à décrocher l'or. Toutefois, je ne me défile pas. Je pense être prêt pour ce défi. Je me suis surtout attaché à ne pas me mettre trop de pression, à considérer cette course comme n'importe quelle autre... en sachant qu'elle est différente. Je me sens aussi bien qu'en 2006, où j'avais attaqué plusieurs fois dans la finale, mais où j'avais connu, par deux fois, des ennuis mécaniques (NdlR : 2 changements de vélo), ruinant toutes mes chances de victoire. Ce dimanche, j'espère être épargné par la malchance, mais il faudra être attentif de bout en bout, car le circuit recèle des pièges. Ainsi la descente qui précède le Herdweg (à 13 %) se termine en entonnoir, où l'on ne passe pas à plus de deux de front. Pour moi, c'est l'endroit-clé du circuit et je m'attends à des situations chaotiques à cet endroit dès les premiers tours. Il vaudra mieux être aux avant-postes pour éviter les accidents et économiser son énergie. Pour moi, il n'y aura pas plus de 30 ou 40 coureurs dans la finale." Et il sera plus que probablement parmi eux !



© La Dernière Heure 2007