Schumacher, en ''rose position''

Cyclisme

Philippe Van Holle

Publié le

Schumacher, en ''rose position''
© AP
Tour d'Italie. L'Allemand, déjà 4e du prologue, a fait coup double dans la 3e étape

NAMUR Dans l'équipe, on l'appelle Schumi, il aime les voitures puissantes, s'intéresse un peu à la Formule 1, mais la comparaison avec son illustre homonyme, vainqueur du dernier Grand Prix d'Europe, s'arrête là. D'ailleurs, il vit à Stuttgart et roule en Mercedes. «Stefan Schumacher a réalisé un tout grand numéro dans la montée de la Citadelle», confiait Danilo Di Luca, réellement impressionné, à l'arrivée. Et il est vrai que la plupart des suiveurs ayant déjà couvert le Grand Prix de Wallonie (lequel arrive au même endroit) pensaient que Schumacher avait produit trop tôt son effort. Mais l'Allemand en avait manifestement gardé sous la pédale car ses poursuivants, Rubiera, Rebellin, Bettini et Gilbert, ne lui reprirent pas un mètre sur l'esplanade. «J'avais pourtant très peur qu'ils reviennent», dit le sympathique coureur allemand, «à tel point que j'ai lancé mon sprint dès le panneau des 400 mètres. En plus, comme je n'avais pas reconnu l'arrivée, j'ai été quelque peu surpris par cette courbe finale qui n'arrêtait pas de se refermer et qui, sous la pluie, était glissante à souhait. Mais je suis resté concentré jusqu'au bout. Ce n'était pas le moment d'aller aux pâquerettes, alors que j'étais en train de réaliser le plus bel exploit de ma carrière!»

Mais ce Schumacher-là sait aussi rouler au millimètre sous la pluie! Résultat: il a non seulement empoché la victoire d'étape mais s'est retrouvé en rose sur le podium namurois. Une belle récompense pour le coureur Gerolsteiner, après ses ennuis de l'an dernier, lorsqu'il avait été contrôlé positif en mai, lors du Tour de Rhénanie-Palatinat. «Ce fut un incident regrettable, qui m'a beaucoup affecté», expliquait, sans gêne, celui qui commença sa carrière pro, à 20 ans, chez Telekom. «Je suis asthmatique et le docteur de l'équipe (Shimano) m'avait prescrit un médicament après avoir consulté le Centre antidopage des Pays-Bas. Il s'agissait apparemment d'une erreur, si bien que j'ai été contrôlé positif. Heureusement, les explications du médecin ont été prises en compte par ma fédération, et j'ai été totalement disculpé.»

A 24 ans à peine, Stefan Schumacher se postionne déjà comme une des grands coureur de demain, lui qui vécut une époque plutôt difficile lorsqu'il fut viré de chez Tele- kom, fin 2003, pour faire de la place aux copains d'Ullrich revenant d'un exil chez Bianchi (ex-team Coast). Ullrich avec lequel il n'a d'ailleurs pas de relation particulière. «C'est une héros en Allemagne, dit Schumi (donc!). Quoi de plus normal quand on voit tout ce qu'il a réalisé au Tour de France! Mais nous ne nous parlons que peu, même si je ne veux pas que mes propos sonnent de manière négative.» Quoi qu'il en soit, c'est bien lui, Stefan Schumacher, qui est le nouveau Meister de ce Giro, avec un maillot rose qu'il entend défendre bec et ongles...

© Les Sports 2006

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