L’œil toujours attentif à ce qui se passe dans le lobby où le bar de l’hôtel Iberostar de Palma de Majorque, où son équipe Lotto-Belisol prépare la saison, Marc Sergeant a le sourire. Le manager de la formation belge du World Tour a confiance en ses troupes, sérieusement renouvelées, puisqu’il y a neuf nouveaux coureurs dans un effectif qui en compte vingt-sept (Monfort, Gallopin, Boeckmans, Lightart, Armée, Vegard Breen ainsi que les néopros De Bie, Broeckx et le Liégeois Vallée). Soit un tiers du noyau ! "C’est un grand changement, c’est vrai, et cela n’a pas été simple, non plus, de nous séparer de nombreux coureurs en fin de saison !" explique-t-il. "Mais cela fait partie de mon travail. Il faut faire des choix. En tant qu’équipe, nous cherchons des résultats et de la visibilité. Certains sponsors, en regardant la télé, au Giro, par exemple, me demandaient parfois si nous y participions… Nous avions par exemple Francis De Greef, à qui nous avons longtemps donné une chance. Mais des places de 21e, cela ne se voit pas. Avec Monfort, on aura bien plus de visibilité. On peut viser un résultat dans cette épreuve de prestige. L’équipe a vraiment bien évolué. Et Tony Gallopin, c’est un solide coureur de classiques, tant pour les Ardennaises que pour les Flandriennes , qui formera un très bon duo avec Roelandts, sans oublier Greipel ou Debusschere, qui monte en puissance."

Marc Sergeant trouve que les nouveaux ont rapidement été intégrés par les anciens. "Ce sont beaucoup de changements, mais il y a les team-buildings ou les stages pour créer des liens..." continue-t-il. "C’est important pour souder un groupe. Tout le groupe : coureurs, mécanos, soigneurs... Un exemple : quand on a fait de la spéléologie, certains ont vraiment eu peur, mais ont été pris en charge par d’autres. Cette entraide permet de rendre le groupe plus fort. Je pense qu’il y a une bonne ambiance dans le groupe. Ici, au stage, on met des règles le premier jour : réveil collectif par des exercices de stabilisation, mais aussi le fait que personne ne puisse sortir de l’hôtel le soir. Ou alors on le fait tous ensemble. Mais bon, je ne suis pas non plus devant la porte pour tout surveiller..."

Avec cette dynamique et ses renforts, Marc Sergeant espère vivre en 2014 une meilleure saison que celle qui s’est terminée. "Je n’oublie pas que nous avons eu beaucoup de malchance en 2013, tant sur les classiques avec des chutes et des ennuis mécaniques, que sur les petites épreuves par étapes ou au Tour de France" , évoque-t-il. "Mais l’an prochain, j’espère qu’on maintiendra notre niveau en Europe Tour et qu’on soit bien plus présent en World Tour ."