Tiré à quatre épingles, Tadej Pogacar avait même sorti les boutons de manchette pour monter sur la scène du Palais des Congrès de Paris jeudi en fin de matinée. Un costume et un statut de vainqueur sortant avec lequel le Slovène a désormais appris à composer. Parmi le parterre de coureurs présents dans les premiers rangs, c’est très logiquement vers lui que s’est dirigé l’essentiel des micros une fois les projecteurs éteints et venu le temps de l’analyse de ce tracé 2022 de la Grande Boucle.

"Ce parcours proposera des choses très différentes avec des sprints, des étapes sur lesquelles le vent pourrait jouer un rôle important, des pavés, des montées courtes, des ascensions longues et certaines très raides", jugeait ainsi le coureur de chez UAE Team Emirates. "Il y aura de quoi faire sur un tracé que je considère comme extrêmement complet. Les pavés, c’est un terrain que je n’ai encore jamais expérimenté sur une course de ce niveau mais le défi me plaît et m’excite."

Au surlendemain d’une journée qui pourrait peser lourd sur les ambitions de certains prétendants à la victoire finale, Pogacar retrouvera un lieu très particulier: la Planche des Belles Filles, la difficulté sur laquelle il avait renversé le Tour de France 2020, vingt-quatre heures avant l’arrivée sur les Champs-Élysées.

"J’y ai de grands souvenirs, c’est vrai, et je me remémore chaque instant de cette montée. Je suis vraiment impatient de la grimper à nouveau lors d’une étape qui s’annonce difficile. On ne sait jamais ce qu’il peut se passer, mais nous ne serons alors que dans la première semaine de course et les Champs-Élysées seront encore loin…"

Vainqueur samedi du Tour de Lombardie, Pogacar souhaitait surtout aspirer à un peu de repos. "J’ai terminé cette superbe année complètement vidé", confiait le double vainqueur du Tour. "Je sens que j’ai vraiment besoin d’un peu de repos et de profiter de ceux que j’aime pendant quelque temps, sans trop penser au vélo. Je vais d’abord retourner quelques jours en Slovénie avant de me poser calmement chez moi à Monaco. Je sais désormais ce que cela représente d’être amené à défendre son titre sur le Tour de France. Même si d’autres prétendants sont au départ, il y a toujours un petit peu de pression qui vous accompagne."

Prudhomme : "Le Tour pourra se jouer à n’importe quel moment"

le patron du Tour Christian Prudhomme semblait particulièrement heureux du tracé dévoilé jeudi au Palais des Congrès. "Quand un coureur qui prétend à la victoire finale sur le Tour en analyse le parcours, il tente souvent de déceler les endroits où il va lui être possible de gagner l’épreuve ou, au contraire, de la perdre", souriait ainsi le patron de la Grande Boucle. "L’exercice est, cette fois, très compliqué car la course pourra se jouer à n’importe quel moment, des ponts et bords de côte du Danemark au chrono de Rocamadour en passant par la montagne, bien évidemment, et les pavés. Avec le départ le plus au Nord de l’histoire de cette épreuve, on ne pouvait pas s’imaginer ne pas exploiter ce terrain où cinq des onze secteurs que nous emprunterons seront inédits. La première semaine est dessinée pour les puncheurs, les Van der Poel, Alaphilippe ou… Wout Van Aert."

Patrick Lefevere : "Quatre à cinq sprints où on jouera la carte… Jakobsen"

Même si son équipe possède certains des meilleurs spécialistes des pavés, Patrick Lefevre tiquait au moment de découvrir le contenu de la 5e étape menant à Arenberg. "Sur un grand tour, je suis d’accord pour placer un ou deux secteurs pavés. Mais onze… Je comprends que les organisateurs recherchent le spectacle, mais bon… Lors d’une journée comme celle-là, on ne peut pas gagner la Grande Boucle mais il est en revanche très facile de tout perdre. À mes yeux et d’expérience, je crois que les sprinters se verront offrir quatre à cinq occasions au maximum. Notre plan est de jouer la carte de Fabio Jakobsen sur ceux-ci. Cela veut-il dire que Cavendish n’évoluera plus dans notre équipe l’année prochaine ? Non, nos positions sont assez proches dans les négociations. Il s’agit désormais surtout de points pour son après-carrière mais tout doit être en ordre pour ce vendredi à l’UCI."