Thomas De Gendt, revenu en jaune, a été le grand bonhomme d’une étape gagnée par Voeckler

envoyé spécial en france eric de falleur

BELLEVILLE Comme Thomas Voeckler, le vainqueur de l’étape d’hier, avouait l’avoir compris pour lui depuis longtemps déjà, l’autre Thomas héros de la quatrième étape, De Gendt cette fois, ne gagnera jamais le Tour de France.

Mais le Flandrien est, à vingt-quatre ans à peine, assurément à l’aube d’une grande carrière.

“Il en faut beaucoup pour cela, mais il m’a impressionné”, admettait, avec humilité, Voeckler, vainqueur à Belleville de sa troisième course de la saison et pour la première fois d’une étape de Paris-Nice. “Je n’ai pas honte de dire qu’il était le plus fort de notre groupe, même s’il avait une bonne raison d’aller au bout.”

La machine de Vacansoleil, voilà déjà comment le peloton surnomme le jeune Belge.

À des qualités physiques hors norme, qui lui ont permis notamment de mener l’échappée de 185 kilomètres à son terme par-delà les monts du Beaujolais, De Gendt allie un tempérament d’insatiable attaquant qui a produit de nouveaux dividendes sous la forme d’un maillot jaune retrouvé.

“En démarrant après six kilomètres, j’étais parti avec l’espoir de gagner l’étape”, avouait encore Voeckler, le champion de Fran- ce. “Je savais que la dernière bosse était à 35 km de l’arrivée et qu’attaquer dans la finale serait impossible.”

Thomas De Gendt, lui, avait d’ores et déjà autre chose en tête. “Après deux kilomètres, j’ai senti que j’avais des jambes de feu” , racontait-il pour sa part. “Quand Voeckler a attaqué, j’ai sauté dans sa roue. Le but était d’abord les bonifications, puis dans la finale, j’ai dû mener le plus souvent pour qu’on aille au bout.”

À la veille de l’étape la plus dure de cette édition 2011 de la Course au soleil , De Gendt a retrouvé le maillot jaune. Mais les écarts restent ténus avec 95 coureurs en 37 secondes et le col de la Mûre, ultime difficulté de l’étape de ce jeudi, le plonge dans l’incertitude.

“Il faudra d’abord avoir récupéré” , analyse le coureur de Semmersake. “Puis survivre dans cette montée. Des pourcentages de 5 ou 6 % ne me font pas peur, mais 10 %, je ne sais pas. Surtout que ce sera la grosse bagarre entre les favoris. Si ça passe, je dois être capable de faire un bon chrono vendredi et je pourrai alors envisager un Top 10 à Nice.”



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