C'est le monde à l'envers ! La Belgique n'a jamais été un pays disposant d'une grande tradition dans les contre-la-montre même si certains ont dominé la discipline à leur époque respective, Ferdinand Bracke, Eddy Merckx, bien sûr, Roger Swerts, Freddy Maertens, Michel Pollentier ou Jean-Luc Vandenbroucke par exemple…

Mais ces temps derniers, tout change. Les Belges ont gagné les trois derniers championnats d'Europe de chrono, avec Victor Campenaerts et Remco Evenepoel. L'Anversois a conquis l'an passé la première médaille, de bronze, dans le mondial contre-la-montre, après vingt-cinq éditions, et le Brabançon a fait encore mieux à Harrogate fin septembre en s'emparant de l'argent.

Enfin, on n'oubliera pas que Campenaerts est depuis le mois d'avril le détenteur du record mondial de l'Heure avec 55,089 km.

C'est en largeur que les Belges réalisent désormais de belles performances dans les chronos car aux deux précités on doit ajouter les noms de Wout Van Aert, le champion de Belgique, d'Yves Lampaert mais aussi de plusieurs autres.

Au point que la lutte pour les places dans les sélections nationales bat désormais son plein. Le règlement olympique étant ce qu'il est, la Belgique qui peut aligner deux coureurs dans le chrono individuel des Jeux de Tokyo (le mercredi 29 juillet 2020), devra les choisir parmi les cinq alignés quatre jours plus tôt dans l'épreuve sur route en ligne (samedi 25 juillet).

Si Remco Evenepoel est qualifié d'office comme champion d'Europe, la deuxième place fait l'objet d'une grosse convoitise avec les candidatures plus ou moins affirmées de Campenaerts, Van Aert ou Lampaert.

Le sélectionneur national Rik Verbrugghe avait (un peu) surpris en ajoutant à cette liste le nom de Laurens De Plus et voici que Thomas De Gendt a fait, lui aussi, part de son ambition. Le Flandrien est actuellement en Espagne. Il y effectue une randonnée cyclosportive avec son compère Tim Wellens, lequel pourrait d'ailleurs aussi doubler à Tokyo, comme il l'avait fait à Rio.

« Je veux moi aussi me positionner comme candidat pour les Jeux de Tokyo », a dit le vainqueur de l'étape du Tour de Saint-Etienne à Sporza, qui suit les coureurs de Lotto Soudal dans leur périple montagnard et même parfois enneigé. « Je pense que Victor et Wout sont un peu mieux placés que moi, mais on peut me demander de me préparer pour la semaine olympique. Je pense que si on a cinq ou six candidats, chacun sera au meilleur de sa forme. »

Il reste au roi de l'échappée à convaincre Rik Verbrugghe dont le choix dépendra aussi de ses ambitions dans la course en ligne courue sur un tracé particulièrement difficile.

« Je veux être en super forme au Tour et les Jeux arrivent une semaine après l'arrivée à Paris », explique Thomas De Gendt. « C'est idéal pour tirer profit d'une super forme. Je ne suis peut-être pas un des tout meilleurs spécialistes au monde, mais sur un circuit dur, dans un bon jour, je peux certainement viser le top cinq. Je vais essayer de franchir un pas la saison prochaine en espérant gagner un chrono. »