ll y a de nombreux spécialistes de la Flèche brabançonne. Des coureurs qui y jouent toujours les premières places. Comme l’ancien vainqueur Sonny Colbrelli, encore dans le coup ce mercredi. Comme l’inévitable Mathieu van der Poel. Ou Philippe Gilbert. Et comme, normalement, Tim Wellens. Vainqueur en 2018, il s’y était classé troisième l’an passé et quatrième en 2017. Mais, cette fois, il a dû se contenter d’une 49e place à l’arrivée, franchie dans l’anonymat, ou presque, loin des micros et des caméras des médias.

Et surtout loin des hommes forts. Qu’il n’a pas su suivre. Au plus fort de la bataille, quand le champion du monde Julian Alaphilippe et Mathieu van der Poel ont créé la décision de cette Flèche brabançonne incisive. Le puncheur limbourgeois était le premier homme derrière eux. Avant de plafonner. Et de ne pas parvenir à faire la jonction, au contraire des Cosnefroy, Colbrelli, Kwiatkowski et Fraile.

"J’ai essayé de partir avec eux, car c’était un moment décisif de la course, mais je n’ai pas réussi à suivre Alaphilippe et Van der Poel, tout simplement", explique-t-il, sur un ton aussi réaliste que déçu. "Je me suis retrouvé entre le peloton et le groupe de tête. Je me suis fait mal. Et une fois repris, j’ai essayé de maintenir l’écart le plus petit possible pour mes coéquipiers."

Cette prestation est la suite de ses dernières apparitions en course, sur les classiques. Il n’a pas été dans le coup à la Flèche wallonne, finissant 21e. Même chose à Liège-Bastogne-Liège, où il a terminé à la 33e place, dans le quatrième groupe.

Que se passe-t-il avec le sympathique résident monégasque ? L’absence du Tour de France dans les jambes explique-t-elle son moins bon rendement actuel ? "Cela aurait clairement été un avantage de faire le Tour de France dans cette saison particulière", répond-il. "Mais il n’y a pas que cela pour expliquer mon niveau. Il y a tout un ensemble de choses qui font que je ne suis pas dans ma meilleure condition actuellement. Avec ma chute avant le Tour de France, le fait de ne pas avoir fait la Grande Boucle, effectivement, mais aussi le fait de ne pas avoir pu faire de bons entraînements à la place. J’ai repris au Tour du Luxembourg (NdlR : où il s’était pourtant classé 4e d’une étape et du classement final) avec peu de bonnes sorties dans les jambes. Je n’ai donc pas la forme que je devrais avoir, ni le niveau qui devrait être le mien sur ces belles épreuves sur lesquelles je ne peux pas briller comme je le souhaite. C’est triste… Car dans cette période, dans ce calendrier très chargé et condensé, tout s’enchaîne très vite."

Espère-t-il être dans le coup, malgré tout, sur le Tour des Flandres, sa prochaine course ? "Il reste de l’espoir, il reste une dizaine de jours", avance-t-il. "Je retourne ce jeudi à Monaco, où je vais continuer à travailler ma condition, pour rattraper mon retard. Je vais essayer, mais cela ne va pas être facile pour le Ronde. Pour l’instant, c’est une saison à oublier pour moi… Mentalement, ce n’est pas chouette de ne pas pouvoir faire la course à l’avant. Et c’est difficile pour l’équipe, qui a vu les leaders être diminués par des chutes. Gilbert, Degenkolb, moi. Heureusement que Caleb Ewan a gagné deux étapes au Tour de France…"

En fin de conversation, le ton de la déception était moins présent. Avec à nouveau un regard avec de l’espoir. "Il reste la perspective de la Vuelta", termine-t-il. "Je pense que j’aurai plus de chance de faire quelque chose de beau sur le Tour d’Espagne."

Julien Gillebert