Sa peau semble aussi fine qu’une feuille de papier à cigarette et épouse chaque contour de son impressionnante musculature. Pour tous ceux qui ont pu l’approcher ce week-end, Tom Boonen n’a sans doute jamais été aussi affûté à cette période de l’année. "Sec", comme on dit dans le jargon cycliste en référence à la faible couche de graisse présente chez l’Anversois.

Si le poids reste évidemment un indicateur de forme important, c’est davantage sur le taux de masse grasse que se concentrent désormais les coureurs. Et celui de Tom Boonen n’a, selon le médecin de l’équipe Omega Pharma-Quick Step, jamais été aussi faible à cette période de l’année. "Là où Tom affiche généralement une valeur de 8,5 % (du poids total), il oscille actuellement entre 6 et 7 %", confia ainsi le Docteur Van Mol . Au départ de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, lorsque le speaker lui posa la question, Boonen répondit même 5 %…

Une maigreur qui s’apparentera à un véritable atout sur les monts du Tour des Flandres, mais qui rend aussi le coureur de Mol un rien plus fragile. "Il est vrai que l’on résiste mieux au froid avec un peu plus de graisse, mais il est plus confortable pour Tom d’être dès aujourd’hui à son poids de forme", juge ainsi Johan Museeuw. "Car si Tom a peut-être perdu en masse graisseuse, je suis certain qu’il a aussi gagné en puissance grâce au travail en salle qu’il a abattu cet hiver. La combinaison de ces deux éléments est parfaite pour le Tour des Flandres."

Patrick Lefevere, son manager, l’assure pourtant : Boonen n’a suivi aucun régime. "Tom est un athlète de haut niveau qui se soigne à la perfection. Il est actuellement juste sous la barre des 85 kilos pour 1,92m. Un de ses équipiers a signalé que Tom n’avait pas mangé de dessert depuis janvier, mais il en va toujours ainsi. (rires) Je pense aussi qu’il n’a pas dû toucher à la moindre goutte d’alcool depuis un mois. Ce faible taux de graisse l’expose, c’est vrai, un peu plus à de petits refroidissements, mais nous nous montrerons attentifs à ce point. Tom est souvent quelque peu malade à la période de Paris-Nice ou Tirreno. Espérons que la météo sera, cette année, plus clémente en France."