Dauphiné Libéré Le Ventoux, où Menchov a gagné et Leipheimer pris le pouvoir, aura été fatal à Philippe Gilbert

MONT VENTOUXÀ peine la ligne d’arrivée franchie, Philippe Gilbert (38e à 5:43 du vainqueur) s’inquiéta de son retard. Mais la montée qui mène au sommet du mont Ventoux, terme de la 4e étape du Dauphiné Libéré, avait sans doute un bon kilomètre de trop, hier, pour Philippe Gilbert qui a cédé, pour une minute, son maillot jaune de leader à l’Américain Levi Leipheimer, le grand vainqueur de la journée.

“Jusqu’au pied du Ventoux, l’équipe avait bien géré la situation”, expliqua ensuite le Wallon. “Mais dès que la route a commencé à monter, j’ai senti que j’étais fatigué et que j’étais proche de mon point de rupture. J’ai préféré monter à mon rythme et j’ai bien fait car, au fil de la montée, j’ai dépassé bon nombre de coureurs. Notamment Landis, ce qui m’a donné un coup de fouet. Joly m’a accompagné pendant tout ce temps et je l’en remercie, ce qu’il a fait est formidable. Désormais, après l’échappée de mardi et parce qu’il partage ma chambre, nous sommes inséparables.”

Désormais troisième du général, le Liégeois a cédé son maillot à Leipheimer. Le coureur de Gerolsteiner, 6e du dernier Tour de France et vainqueur, dans la foulée, du Tour d’Allemagne 2005, n’a pas enlevé l’étape, revenue de justesse au Russe Denis Menchov devant Christophe Moreau, mais Leipheimer, qui a fini sur leurs talons, a pris le pouvoir et, surtout, repoussé, voire définitivement défait la plupart de ses adversaires.

À huit kilomètres du sommet du Mont Chauve (1.909 m), qui n’a pas failli à sa réputation, malgré des conditions climatiques plutôt clémentes, hormis un fort vent en altitude, le Californien n’a pas hésité à prendre ses responsabilités quand, sur une attaque de Mancebo, relayée par son équipier Moreau, retrouvé après sa chute de la veille dans le chrono, bon nombre de favoris ont plié, comme Valverde, Hincapie, ou carrément sombré, à l’image de Popovych (31e à 5:02) ou Landis (56e à 9:30) et, plus encore, de Mayo (65e à 10:35) ou Vinokourov (81e à 13:10).

Neuf hommes, architectes d’une échappée matinale, abordèrent légèrement détachés le Géant de Provence jusqu’au pied duquel les équipiers de... Floyd Landis avaient mené grand train, ce qui condamna, par exemple, avant même l’escalade, notre compatriote Wim Van Huffel, bien trop éloigné des premières places au début de la véritable montée. Leipheimer n’a pas encore course gagnée car, d’ici à l’arrivée à Grenoble, il reste trois étapes et bon nombres de cols et grimpées mythiques des Alpes (l’Izoard, aujourd’hui sur les hauteurs de Briançon, le Galibier et la Croix de Fer, samedi, avant la montée finale vers La Toussuire que nous retrouverons au Tour).
“Je vais essayer de m’accrocher pour obtenir un classement mais je ne sais pas comment ça passera”, disait encore Philippe Gilbert.