Plus massifs que jamais?

Joël Grégoire

Mario Cipollini sur la touche, nouvelles perspectives pour les finisseurs

BRUXELLES La nouvelle s'assimile indiscutablement à une catastrophe pour Saeco: Mario Cipollini, victime d'une grave chute à l'entraînement il y a près de trois semaines, a renoncé à disputer le Tour. En cause, deux côtes fêlées et des douleurs aiguës lorsqu'il s'agit de pédaler et tirer sur un guidon. S'il se chuchote que le Toscan fait le maximum avec le mince espoir de tout de même prendre le départ au Futuroscope, la formation de Claudio Corti va devoir modifier ses batteries et revoir ses prétentions à la baisse. Là où elle comptait s'illustrer sur deux plans, elle se contentera de jouer placé au général avec Laurent Dufaux, celui-ci sortant d'un Tour de Suisse peu convaincant.

L'adage qui avance que le malheur des uns fait le bonheur des autres s'applique néanmoins à la majorité des 19 autres groupes sportifs engagés. En effet, la caste des finisseurs voit ainsi disparaître provisoirement celui qui constitue depuis de nombreuses années la référence suprême en matière de sprint massif. Rien ne dit que l'on assistera, à l'instar de 99, à une première semaine exclusivement composée d'arrivées massives mais certains peuvent désormais se montrer ambitieux.

On pense, en premier lieu, à Tom Steels, qui bénéficiera, cette fois, d'équipiers à ses côtés là où il dut se débrouiller seul il y a douze mois, avec le succès que l'on sait. Considéré comme l'adversaire n°1 de Super Mario, le finisseur de Mapei prétend à la fois aux succès partiels et au maillot vert. S'il bénéficiera d'une rampe de lancement idéale en la personne de Max Van Heeswijk, on se rend compte que les adversaires ne manquent pas.
En tête de liste, la formation Telekom possède en ses rangs une machine parfaitement rodée au service d' Erik Zabel, moins explosif qu'autrefois mais à coup sûr désireux de poursuivre sur la lancée d'un printemps exempt de tout reproche. A son service, Gian Matteo Fagnini, et un certain Steffen Wesemann qui, le cas échéant, pourrait jouer sa propre carte.
Autre tout grand, depuis l'an passé du moins, Jaan Kirsipuu, qui goûte au succès et au maillot jaune. L'Estonien au physique de déménageur ne craint personne. Dernier incontournable, Jeroen Blijlevens, le Néerlandais de Polti, lui aussi en terrain connu et particulièrement redoutable sur un sprint court.

Pas de train rouge
Quoique victorieux aux Champs-Elysées, la plus belle de toutes, Robbie McEwen parait un ton en dessous des meilleurs. A son avantage, une équipe Farm Frites qui n'aura d'autres ambitions que de le protéger et accrocher un succès par son biais. De plus, il peut espérer aller jusqu'au bout et s'imposer sur le tard, lorsque l'un ou l'autre candidat aura déjà fait ses valises.
Doté d'une expérience et d'un palmarès plutôt enviables, Marcel Wust viendra se mêler à la lutte dans l'ultime ligne droite au même titre, probablement que Romans Vainsteins, qui découvre le Tour mais a déjà fait ses preuves face au gratin. Jean-Patrick Nazon, qui défendra les chances de la Française des Jeux en l'absence de Jimmy Casper, ou son frère Damien. On pointera encore parmi les outsiders Stuart O'Grady pour le maillot vert surtout , George Hincapie, Markus Zberg, Lauri Aus, Glenn Magnusson ou Arvis Piziks.

Tous, cependant, n'oublieront pas l'absence du train Saeco, habituelle machine à rouler et cauchemar des échappés. D'autres devront prendre leurs responsabilités, là où ils pouvaient se laisser emmener dans un fauteuil.


Les absents auront tort...

BRUXELLES Outre Jimmy Casper, la révélation du Tour d'Allemagne 99 qui ne confirma que partiellement sur les routes de la Grande Boucle, une autre référence ne pourra soigner son palmarès en ce mois de juillet. Après un début de saison perturbé par des ennuis de santé, Jan Svorada a, cette fois, été victime de l'éviction de Lampre. Une autre épine hors du pied de Tom Steels: car si Cipo constituait son opposant le plus dangereux, son déclassement de Maubeuge fut prononcé suite à un sprint houleux où il gêna quelque peu le Tchèque. Pour l'anecdote, la première victoire d'étape de Svorada remonte à 94 lorsqu'il l'emporta au Futuroscope. Parmi les autres défections, pour cause de non-sélection avant tout, Christophe Capelle, champion de France sous le maillot BigMat, Fabio Baldato et Dimitri Konyshev, Fassa Bortolo n'ayant pas souhaité participer, Victorieux de deux étapes lors du récent Giro grâce, avant tout à un coup de rein incomparable dans les derniers 150 m, Ivan Quaranta ne sera pas non plus de la partie. "Heureusement", se diront les uns, ses concurrents notamment, "dommage" jugeront les spectateurs neutres. Il est vrai que l'Italien de Mobilvetta s'érige peu à peu en terreur. Désireux de devenir la nouvelle référence, il lui restera à venir conquérir les routes de l'Hexagone, un passage obligé.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be