Les contrastes du Tour

Ph. V.H.

L'aventure de la Grande Boucle, chacun de son côté

FUTUROSCOPE Le premier jour au Tour est toujours un peu particulier. C'est le temps des retrouvailles. Le monde entier est représenté en salle de presse. Il y a forcément des tas de gens qu'on ne voit qu'une fois l'an. Pendant trois, presque quatre semaines, cela crée des liens.
Durant 25 jours, on se côtoie, on collabore, on s'engueule parfois mais la réconciliation est toujours rapide, que ce soit avec un suiveur ou avec un coureur. Car la tension fait partie intégrante de la plus grande des boucles exécutée sur deux ou quatre roues. Mais le charme de ces premiers jours, avant que les choses sérieuses n'aient vraiment commencé, n'en est que plus séduisant. On s'installe, on prend ses marques, on discute, on échange des points de vue, des infos aussi. Chaque journaliste a ses entrées auprès de l'un ou l'autre coureur, cela peut aider durant les coups de feu!
Au Tour aussi, tout le monde est un peu sectaire. Il y a pas mal de petites entités dans la grande. Chacun fonctionne, selon ses propres automatismes, dans sa sphère d'activités. L'équipe des organisateurs est soudée, drillée, terriblement efficace.

Les trois communautés
Les publicitaires, dont la plupart, ne voient rien de la course, ou si peu, forment la Grande Caravane, celle qui séduit tellement le million (si, si!) de spectateurs qui se massent quotidiennement le long des routes.
Beaucoup d'étudiants et d'étudiantes sont recrutés pour les besoins de la réclame. Ils sont très enthousiastes la première semaine, un peu moins la deuxième, presque plus du tout la troisième.
La chaleur, la fatigue (pour certains les nuits sont très courtes et les jours bien trop longs à rouler dans la canicule), l'attitude parfois agressive des spectateurs ont raison des caravaniers les plus avertis.

Les journalistes ne voient les choses que par le biais de leurs objectifs, leurs micros ou leurs écrans informatiques. Ils tentent de tout capter, de tout voir, de tout raconter. Et puis, enfin, il y a les coureurs, la plus exclusive de toutes les communautés.
C'est du bout des lèvres qu'ils parlent aux uns, du bout des yeux qu'ils arrachent l'une ou l'autre image furtive d'un Tour qui ne leur appartient plus. Leur monde à eux est celui de la peine, du danger, de la transpiration, parfois aussi, pour quelques élus, celui d'une gloire plus ou moins éphémère. Le coureur entend des bruits, saisit des odeurs, passe au travers des applaudissements qui se confondent dans les bruits de dérailleurs.
Ils vivent au gré des massages salvateurs, des petits déjeuners et des dîners engloutis plutôt que savourés, des images télés dont ils s'abreuvent dans l'ennui d'une chambre impersonnelle. Et cela, trois semaines durant! Parfois ils se demandent - comme presque tous les acteurs de ce Tour - pourquoi ils sont là mais très vite, ils chassent leurs idées noires, parce que le Tour c'est le Tour et ne pas en être, c'est devoir faire face à un manque insupportable...

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