Pour Lance Armstrong, le Tour 2000 est plus difficile que celui de 1999

Ph. V.H.

Un Américain très détendu a donné sa première conférence de presse officielle

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

POITIERS Il est arrivé habillé, à la fois classe et relax. Polo bleu sur pantalon de sport beige, accompagné de Tyler Hamilton et de Cédric Vasseur qui n'ont pas eu voix au chapitre. Pas une seule question pour les deux valets, toute l'attention des journalistes était focalisée sur le vainqueur du Tour 99. Détendu, très serein, il n'a éludé aucune interrogation, qu'on parle de dopage, d'interviews soi-disant payantes ou tout simplement de sport. Rien ne semble pouvoir l'ébranler. Cet Armstrong-là, incontestablement, est (encore) plus fort dans sa tête que l'an dernier. Les jambes suivront-elles ? Impossible de répondre, mais on devrait être fixé très vite.
Une chose, en tout cas, est certaine. Lance Armstrong ne se contentera pas d'une seule victoire dans le Tour de France. Il a goûté au succès et, manifestement, il ne s'en lasse pas.
"J'en ai un peu assez des gens qui s'étonnent encore que je me sois imposé dans cette épreuve l'an dernier, répondait-il à une question plutôt directe. Il y a longtemps que je fais ce métier. J'ai été champion du monde en 93 déjà. Je savais déjà ce qu'était le parfum de la victoire. Pourquoi cela ennuie-t-il tant de gens de me voir dominer la plus grande course du monde? Parce que je suis Américain et qu'il n'existe chez nous pratiquement aucune tradition de cyclisme? Et alors? Je ne suis pas revenu pour prouver quoi que ce soit à mes détracteurs. Je suis là pour gagner. Un point, c'est tout. Je me sens parfaitement préparé. J'ai poussé mes entraînements bien davantage que je le fis en 99. J'ai confiance."

Cela veut-il dire que toute autre place que la première représenterait un échec et, partant, une déception pour lui? La réponse n'est pas aussi simple.
"J'ai absolument tout fait pour être d'attaque, dit-il. Quand j'ai senti que j'étais trop proche de la toute grande condition après le Dauphiné Libéré, j'ai stoppé la compétition, faisant l'impasse sur la Route du Sud pour me contenter d'un entraînement dosé. Je veux m'imposer mais je ne peux pas vous donner toutes les garanties d'un succès. Personne ne le peut. Si je suis battu à cause d'un problème mécanique, à cause d'une maladie, oui, ce sera une contre-performance avec son lot de déceptions. Mais si je suis battu sur ma valeur réelle, j'accepterai mon sort. Car on ne peut rien faire contre quelqu'un qui est plus fort. C'est la loi du sport."

Armstrong sera toujours l'homme des belles formules. C'est aussi pour cela qu'il séduit son audience. Cette qualité ne l'empêche pas de se montrer prudent.
"Un Tour est toujours différent d'un autre. Et je crois vraiment que celui-ci est plus difficile que le précédent. Surtout dans sa deuxième partie. C'est là, selon moi, que se jouera le vrai bras de fer entre les prétendants au maillot jaune. Il y a davantage de montagne qu'en 99 et, en plus, il y a ce fameux contre-la-montre par équipe, une discipline dans laquelle mes équipiers manquent d'expérience, pour la simple et bonne raison qu'il n'en n'ont jamais disputé! Dans cet exercice, il ne suffit pas d'être fort, il convient également d'être complémentaire et solidaire. Chez Motorola, nous disposions d'automatismes (notamment avec Anderson et Bauer) car nous en disputions au moins un par an. Nous ferons le maximum, mais je suis conscient que, si ça tourne mal, si le vent est contraire, on peut très bien perdre deux ou trois minutes."

Armstrong ne se met pas martel en tête.
"Je vis au jour le jour. Depuis que je suis père, je relativise bien des choses et je suis moins nerveux..."

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