Millar, du blanc au jaune

J. Gr.

L'Ecossais de Cofidis premier leader de ce Tour

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE JOËL GRÉGOIRE

POITIERS "Je pense que je vis un rêve", c'est tout ce que David Millar parvint à articuler avant d'éclater en sanglots, une fois assuré de revêtir le maillot jaune. Une bonne demi-heure avant, le jeune Ecossais avait signé un temps époustouflant, 19:03 à près de 52 kilomètres à l'heure, reléguant Laurent Jalabert à 16 secondes. A cet instant déjà, il exultait. Et lorsque Lance Armstrong, le dernier et par ailleurs le seul à pouvoir l'inquiéter, s'inclina pour deux secondes, on comprit réellement la portée de l'exploit.
Parlant encore du besoin impératif de se calmer, de ne pas s'emballer, Millar ne pouvait s'empêcher de planer.
"Je pense que je ne réalise pas encore tout à fait, souriait-il encore. Je vais dormir avec ce maillot et ne plus l'enlever pendant des années"

Professionnel depuis 97 mais âgé de 23 ans seulement, il obtient ici une première consécration, bien que son talent dans l'exercice en solitaire soit déjà reconnu. La dernière preuve en date, le succès remporté à la Route du Sud, où il avait infligé plus de 30 secondes à toute la concurrence.
"Quand j'ai débuté le vélo, en Angleterre, tous les chronos faisaient seize kilomètres. En découvrant cette étape, je savais que c'était parfait pour moi. Après la Route du Sud, je n'osais pas trop y penser, de peur d'être déçu. Je visais ouvertement le maillot blanc, mais le jaune je me suis étonné."

Un sentiment que ne doit pas rencontrer souvent ce longiligne gaillard aux origines pour le moins diverses. Ce qui explique peut-être un style original, parfois provocateur.
"Je suis né à Malte avant de vivre en Ecosse, en Angleterrre, puis à Hong Kong, où j'ai réellement grandi avec mon père. C'est là que je me sens chez moi, où vivent mes proches. Il m'est parfois difficile de définir ma nationalité : mon père à Hong Kong, ma mère à Londres et moi, l'Ecossais, qui vis à Biarritz !"

Victorieux auparavant de contre-la-montre au Tour de l'Avenir et, chez nous, aux Trois Jours de La Panne, en 98, il ne s'était incliné que pour deux centièmes au classement final du Critérium International 99, devancé par Jens Voigt.
"Cette défaite fut longue à digérer mais je rêvais du Tour depuis l'hiver, à tel point que je m'étais imposé trop de pression, ce qui a gâché mon printemps."

Une maladie puis de l'eczéma, contracté à cause d'une pommade de massage, l'obligèrent à prendre du repos pour revenir au mois de mai, plus ambitieux que jamais.

Avec le jaune sur le dos, il bénéficiera désormais de l'aide de tout un groupe, désireux de conserver ce rang jusqu'au fameux contre-la-montre par équipes.
Lors de la présentation de l'équipe Cofidis en début de campagne, Millar avait confié son ambition de devenir le leader de Cofidis "là où Frank Vandenbroucke ne roule pas." Ici, il faudra partager, mais il a pris l'avantage.

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