Vandenbroucke entre joie et déception

Ph. V.H.

Il concède plus d'une minute aux favoris mais se console en vue du clm par équipe

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

POITIERS Frank Vandenbroucke ne s'est pas arrêté sur la ligne, selon une de ses anciennes (mauvaise) habitudes que l'on croyait définitivement oubliées. Mais la déception devait être trop forte et le leader des Cofidis a préféré continuer en roue libre jusqu'à son hôtel, pour tenter de retrouver son calme et ses esprits. Le temps d'intégrer sa chambre et il apprenait la bonne nouvelle de la journée. Son équipier Millar remportait l'étape et enfilait le premier maillot jaune de l'épreuve.
Le temps, encore, d'enlever son maillot et il ressortait sur le balcon pour consentir quelques minutes d'interview à ceux qui s'étaient déplacés jusqu'à lui.
"Vous connaissez ma place?", demandait-il immédiatement. La place, non, mais le temps perdu sur les favoris, oui: 1:05 sur Armstrong. C'est beaucoup. "Je ne peux pas vraiment dire que je suis déçu. Qu'est-ce qu'une minute alors qu'il reste trois semaines de course? Je n'ai pas réalisé une grande performance, c'est certain, mais il ne faut pas être défaitiste."

Il est vrai que, dans les Alpes, les écarts seront vraisemblablement nettement plus importants mais il n'en reste pas moins que perdre une minute sur 16 kilomètres, ce n'est pas rien.
"En fait, poursuit Frank, en se lâchant un peu, je n'ai jamais été dans le rythme. Je n'ai pas cessé de chercher le bon braquet. À partir de là, on ne peut pas réaliser un temps correct."

La bonne surprise du jour, c'est la victoire de son équipier Millar, qui amène le maillot jaune dans l'équipe Cofidis.
"Pour nous, ce n'est pas une surprise. David avait déjà fait un excellent chrono à la Route du Sud, remportant l'étape et rejetant par exemple Ekimov à 45 secondes. C'est super, ce qui lui arrive. Grâce à son succès, on entame le Tour en position de leader du peloton. Je pense, en outre, que sa forme est d'excellent augure pour le contre-la-montre par équipe dans quelques jours."

Et lorsqu'on dit à VDB que Millar a précisé, dans une rubrique qu'il tient dans un magazine anglais, que Frank n'était précisément pas un équipier modèle, la réponse fuse, avec un sourire: "Je ne suis pas un équipier mais un leader!"

La victoire de David Millar changera-t-elle le rapport de force dans l'équipe? Vandenbroucke roulera-t-il encore pour le classement général en consentant d'emblée un tel retard?
"Je ne change absolument rien à mes plans. D'ici Hautacam, le Tour ne se décantera pas. Tout, alors, restera à faire."

Son analyse est plutôt lucide. En 10 jours, il peut progresser encore pas mal. Et pour le chrono par équipe, Cofidis, avec une locomotive telle que Millar, devrait être dans le coup. Même si, collectivement, les Telekom et les US Postal semblent encore être une pointure au-dessus.

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