Les adieux difficiles d'Eddy Merckx au Tour

Joël Godaert
Les adieux difficiles d'Eddy Merckx au Tour
©Les Sports/Cortex

Il y a 25 ans, le plus grand champion cycliste de tous les temps agonisait sur les pentes de la Grande Boucle


MEISE Quand nous lui avons suggéré d'évoquer son Tour de France 1977, Eddy Merckx, pourtant d'un naturel souriant, a fait la grimace. `Vous n'avez pas de meilleurs souvenirs à proposer ?´. Rapidement cependant, le plus grand champion cycliste de tous les temps, s'est piqué au jeu et il a témoigné que de sa prodigieuse carrière, il n'a pas retenu que les bons moments.
Il y a vingt-cinq ans, quand Eddy se présente, au pied des Pyrénées, dans la petite ville de Fleurance d'où le Tour va s'élancer, sa roue a déjà tourné. Mais il feint de l'ignorer. En retrouvant les routes de la Grande Boucle, nostalgique, il ne peut s'empêcher de se souvenir combien il a pu faire souffrir ses adversaires. Entre 1969 et 1974, il s'est imposé à cinq reprises. Sa domination trop écrasante a fini par agacer une bonne partie du public, surtout en France. Il soulignera plus tard: ` Je n'ai jamais été aussi populaire sur le Tour que lorsque je l'ai perdu... ´

© La Dernière Heure 2002


A la ramasse dans le Glandon

MEISE La 17e étape du Tour de France 1977 ne sortira sans doute jamais de la mémoire d'Eddy Merckx. Le rappel est douloureux. `Rarement, je n'ai été malade de la sorte. Complètement vidé. Fichu physiquement.´ Depuis quelques jours, l'intoxication de Fribourg tourne mal. Insidieux, le virus fait des ravages. Il finira par tomber sur les voies urinaires. `Pendant une bonne partie de l'étape, et en particulier dans l'ascension du col du Glandon, j'avais des envies de vomir, mais je n'y parvenais pas. J'avais très mal, je ne parvenais plus à appuyer sur les pédales. J'ai changé à trois reprises de vélo pour disposer de développements de plus en plus petits. Histoire d'atteindre le sommet du col. Après, on verrait bien.´
Sur le bord de la route, les spectateurs applaudissent le courage du champion qu'ils n'ont jamais vu ainsi à la dérive. Le docteur Miserez, médecin du Tour, accompagne un long moment le coureur et tente, en vain, de soulager ses douleurs. Dans le Glandon, Merckx est à la ramasse. Son retard sur les premiers est déjà très important, les petits et les sans grade le dépassent, fuyant presque son regard, l'air gêné. `Au sommet, mon directeur sportif m'a passé un bidon de champagne. Peu après, j'ai enfin pu me vider et, peu à peu, je me suis senti mieux.´

© La Dernière Heure 2002

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