Ivan Basso monte à 500 watts!

Ph. V.H.
Ivan Basso monte à 500 watts!
©Photonews

L'Italien s'est entraîné avec l'aide de la toute dernière technologie informatique embarquée sur une moto

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

FROMENTINE Ivan Basso n'est pas de ceux qui doivent haïr leurs adversaires pour espérer pouvoir les battre. La preuve? Il se considère comme un ami de Lance Armstrong, dont il aurait d'ailleurs pu devenir l'équipier si Bjarne Riis n'avait insisté pour que l'Italien reste chez CSC au terme de la dernière saison. Riis était prêt à tout pour garder son coursier transalpin. Ainsi, quand l'équipe danoise était en proie à de grosses difficultés financières, cet hiver, alors pourtant que Basso bénéficiait d'un contrat particulièrement rémunérateur, l'Italien ne disposait d'aucune clause libératoire... au contraire de tous les autres coureurs de cette formation. Et oui, Basso a des atomes crochus avec Armstrong! Leur amitié date de l'an dernier, lorsqu'Armstrong, sachant la mère de l'Italien atteinte d'un cancer, lui avait donné le numéro de téléphone personnel d'un spécialiste. Cela n'empêcha pas la malheureuse de décéder quand même, cet hiver, mais le geste, malgré tout, avait touché l'Italien.

«Mais l'amitié n'empêche pas une saine rivalité, explique leader des CSC. Mon ambition est de gagner un jour le Tour. Si c'est cette année, il faudra bien que je batte Lance. Cela dit, je ne suis pas pressé. D'ailleurs, c'est un peu la caractéristique de mon existence: je n'ai jamais rien obtenu facilement. Il faut que je travaille, que je peaufine, que je travaille encore. Mais je suis un obstiné. Lorsque je me mets un objectif en tête, je ne me relâche jamais. Jusqu'à ce que je l'obtienne. Et je finirai par monter sur la plus haute marche à Paris, même si c'est dans cinq ans!»

Avec Riis, il est plutôt bien tombé! Le Danois est un perfectionniste lui aussi. Voici une dizaine de jours, l'équipe a effectué un stage en montagne, utilisant la technologie informatique embarquée.

«C'est sur les pentes du San Pelligrino in Alpe que nous nous sommes entraînés, poursuit Basso. On n'arrêtait pas de monter et de redescendre, pour des sorties quotidiennes de 200km. Mes équipiers devaient imprimer une cadence d'enfer dans les quatre cinquièmes de la montée. Ensuite, Bjarne (Riis) se mettait devant moi, à moto, et me forçait à accélérer, encore et encore, jusqu'au sommet. La moto était équipée d'un ordinateur portable relié au coureur via un boîtier informatique monté dans le pédalier. Grâce à ce dispositif, je pouvais voir ma puissance en côte, exprimée en watts. Je tournais aux environs de 450-500 watts.» C'est fort de cette expérience que l'Italien se présentera au départ du Tour ce samedi. Il sait à présent qu'il est capable de soutenir un rythme très très élevé en montagne. Moralement, voilà qui le prépare de la meilleure des façons pour son duel avec son rival et ami...

© Les Sports 2005

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