Les feux sont au vert!

Ph. V.H.
Les feux sont au vert!
©EPA

Coup d'envoi du Tour de France ce samedi en Vendée avec un contre-le-montre

FROMENTINE Comme d'habitude, l'attente finit par être longue avant le Grand départ. Il est temps que la course commence. Pour qu'on puisse enfin se forger une opinion, sur les faits quant aux forces en présence. Et ce contre-la-montre, vraisemblablement disputé dans des conditions de vent particulièrement contraires, nous en donnera, des indications, sur la forme de tous.

Peut-être que, pour une fois, la performance de Jan Ullrich sera davantage encore passée au crible que celle d'Armstrong. Il s'en est fallu de peu que le Tour 2005 de l'Allemand, avant même qu'il ne commence, ne se termine sur un lit d'hôpital. Plus de peur que de mal selon les avis recueillis dans l'entourage du Teuton, mais on verra ça sur pièce, aujourd'hui même. Ullrich, Armstrong, Basso, plus que les autres, joueront une carte importante entre Fromentine et Noirmoutier.

Il s'agit de ne pas laisser un rival direct prendre le large, ne fût-ce que de quelques secondes. Pour les Rich, Cancellara, Botero, Rogers et autre McGee, voire Bodrogi, il s'agira d'abord d'une bataille de prestige qui, au cas où elle s'avérerait gagnante, pourrait donner des ailes au lauréat du jour pour la suite de la compétition.

Ullrich dans la lunette



L'Allemand a eu un accident. Il sera malgré tout au départ de l'étape ce matin

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

FROMENTINE Il se passe décidément toujours quelque chose au Tour. Hier midi, alors qu'Ullrich s'entraînait, dans la région de Saint- Jean-de-Mont, derrière la voiture de son directeur sportif Mario Kummer, celui-ci, pour une raison encore inconnue, a dû freiner de manière brutale. Normalement, lorsqu'un coureur fait du rythme, comme on dit dans le jargon, celui qui conduit l'auto lève toujours la main (par la vitre latérale) pour prévenir son coureur d'un obstacle ou d'un freinage appuyé. Apparemment, Mario Kummer l'a oublié....

Les conséquences de cet accident auraient pu être désastreuses, car Ullrich est littéralement passé par la lunette arrière, la faisant évidemment voler en éclats! Il s'en sort avec des coupures superficielles au niveau de la gorge. Il aura quand même eu un instant de panique en se relevant et en constatant que le sang coulait de son cou. Heureusement, son directeur sportif put immédiatement le rassurer: ses coupures étaient peu profondes. Kummer embarqua sur-le-champ le malheureux coureur afin de retourner à l'hôtel et de le faire examiner par le docteur de la T-Mobile.

«Tout va bien, dit le médecin au coureur après quelques minutes. Mais tu aurais vraiment pu te faire très mal!» Avant même de l'emmener à l'hôpital, pour un contrôle de routine, le médecin rassura son entourage: Ullrich serait bien au départ de la première étape ce matin. Mais l'affaire est à suivre malgré tout. Qui sait? si l'Allemand ne se plaindra pas de maux de tête, ou d'autre chose, dans deux ou trois jours, même si, interrogé à l'hôtel, Walter Godefroot, le manager de l'équipe, a déclaré que «l'accident avait été plus spectaculaire que sérieux.»

On se souvient que Philippe Gilbert, au printemps dernier, avait subi un accident du même genre, heureusement également sans conséquence. Il était lui aussi passé par la vitre, alors que Rik Verbrugghe, son compagnon d'entraînement, avait été jeté au sol, mais s'était relevé sans mal.

Ullrich était pointé parmi les favoris pour cette étape. Il est à espérer pour son équipe que l'Allemand n'aura pas été diminué par cet accident. Un choc peut parfois couper les jambes. Il n'avait certainement pas besoin de cela. Parce que les autres ne l'attendront pas. Armstrong en premier, lui qui prétendait avant-hier que cette étape ferait bien plus de dégâts qu'on ne le pense. «Avec ce violent vent de face, dit-il, on aura l'impression de faire 30 ou 35 km plutôt les 19 que comportent effectivement cette étape.»

Il faudra être à la fois puissant et endurant vu les conditions climatiques de cette Vendée où le Dieu Eole semble régner en maître. Dès lors, quelques noms de spécialistes s'imposent à tous: Botero, qui est en grande forme actuellement, Gontchar toujours un client pour ce genre d'exercice, de même que Cancellara, Zabriskie, Rogers, McGee ou Rich. Un combat de poids déjà très lourd à l'entame de ce Tour.

© Les Sports 2005


Avec le meilleur de tous? Oui, et alors?

Trois dauphins les uns sur les autres. Belle image figée dans une statue plantée à l'entrée d'un bel hôtel nantais. Pas très loin de la Beaujoire où le club de foot local a repris les entraînements avec dans l'idée de se sortir de la crise dans laquelle il se morfond depuis de longs mois. Bienvenue dans l'un des lieux d'hébergement de Discovery Channel, l'armada de Lance Armstrong. Bien sûr, pas de trace de l'Américain en personne. Mais tout de même. Cela parle anglais dans tous les coins. Assis à une table, Bernard Thévenet, ancien vainqueur du Tour, se fait plus discret que Laurent Jalabert. Image symbolique du dernier arrivé dans la maison France Télévision reléguant son aîné à un second rôle.

Henri Sannier discute de la stratégie mise en place pour suivre l'événement sportif de juillet, incontournable du paysage médiatique mondial. A quelques mètres de là, deux hommes aux allures de bons pères de famille, rigolent sans faire de bruit. Des chauffeurs, paraît-il, de L'Equipe, quotidien sportif numéro 1 dans l'Hexagone. Tout se fait en discrétion. Ou presque. Car à une table, l'une des plus grandes de la pièce d'ailleurs, l'ambiance est... différente. Le T-shirt bleu foncé ne laisse planer aucun doute sur la provenance de ses porteurs: Discovery Channel.

Entre invités de Lance Armstrong et partenaires financiers, ils se succèdent aux côtés des attachés de presse et autres intendants de l'équipe-phare du peloton. Une réunion cent pour cent américaine comme il y en a de plus en plus depuis que l'Américain a pris le pouvoir sur la Grande Boucle. A vrai dire, cela a même quelque chose d'inattendu. Voilà dix ans, les gens venus d'outre-Atlantique étaient plutôt rares dans la caravane du Tour. Omniprésents désormais, disparaîtront-ils du paysage en même temps que leur héros? La réponse ne tombera pas avant l'an prochain. Floyd Landis, ancien lieutenant d'Armstrong, s'est réjouit de l'augmentation des cyclistes américains. L'histoire ne dit pas s'il est satisfait du tapage fait autour de son compatriote. Toujours que les invités de Discovery Channel sont différents chaque jour. Tantôt un chanteur noir américain, tantôt un acteur, parfois aussi un artiste, venu spécialement des Etats-Unis pour décorer la bécane de son idole.

Le bonnet vissé sur la tête, ils ne jettent même pas un regard vers l'entourage. Après tout, ils sont avec le champion, le meilleur de tous, non? Oui, et alors?

© Les Sports 2005

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