Mc Ewen: «Plus facile sans Petacchi? Pas sûr»

Philippe Van Holle


Robbie Mc Ewen devrait être le plus sérieux adversaire de Tom Boonen dans les sprints!

FROMENTINE Robbie Mc Ewen, comme tous les sprinters, n'est pas extrêmement content de la décision des organisateurs du Tour d'avoir remplacé l'habituel prologue par un vrai chrono individuel de 19 km. A cause de cela, les hommes les plus rapides du peloton ne pourront pas viser ce fameux maillot jaune qu'ils se disputent généralement, à coup de bonifications, la première semaine. Mais bon, McEwen n'accorde pas trop d'importance aux maillots distinctifs en général, même s'il entend bien mener la vie dure à Tom Boonen dans la conquête du vert. Ce qui le motive, c'est la magie et l'excitation du sprint, l'explosion quand il franchit la ligne en vainqueur.

«Les deux notions sont différentes, expliquait-il hier en prenant bien plus le temps que ne le voulait son directeur sportif Herman Frison. Par exemple, quand on gagne le maillot vert au bout de trois semaines, on ressent une sorte de soulagement d'avoir atteint le but recherché. Mais quand on remporte un sprint, c'est une joie beaucoup plus intense qu'on vit sur le moment même, une grande décharge d'adrénaline.»

Cette année, Alessandro Petacchi ne sera pas présent sur le Tour, son train bleu restera donc en gare. Mais quelle équipe prendra donc la finale à sa charge? Pas les Davitamon-Lotto en tout cas. «Disons que mes équipiers ne sont pas trop habitués à ce genre d'exercice, confie l'Australien. Mais cela ne veut pas dire pour autant que je ne bénéficierai pas d'un excellent soutien. Vansevenant m'amènera aux avant-postes dans les derniers kilomètres et Van Bon puis Rodriguez doivent pouvoir me piloter jusqu'aux 250 mètres. Dommage que je ne puisse pas disposer de mon copain et compatriote Henk Vogels, qui est un coureur puissant et extrêmement précieux. Mais le pauvre était épuisé après le Giro et, en outre, il n'avait plus vu sa famille (australienne) depuis 6 mois. Mais cela ne m'empêchera pas de faire des résultats ici. Tous les indicateurs sont au vert, d'après les sensations que je ressens à l'entraînement; reste à voir s'il en ira de même en course. Je saurais ça très vite. Mais, honnêtement, je pense pouvoir viser la victoire au moins dans cinq des sept étapes que je vois se terminer au sprint. Je ne dis pas que je les gagnerai - une me suffirait déjà - mais l'important est de sentir qu'on joue dans la cour des grands. Quant à l'absence de Petacchi, elle m'inspire deux sentiments. D'une part, je me dis que c'est un rival de moins dans ce Tour, mais, d'autre part, je sais que la Fassa Bortolo n'a pas son pareil pour contrôler la finale d'une course. Sans elle, il faudra vraiment que les équipes de sprinters s'organisent. Ma formation participera certainement au travail de préparation du sprint, celle de Tom (Boonen) aussi sans aucun doute. Quant aux autres, c'est plus nébuleux. Les équipes françaises par exemple ont l'habitude de laisser les autres faire le boulot, mais leurs sprinters sont toujours là dans la dernière ligne droite. Je ne m'en fais pas, je m'adapterai, quelles que soient les conditions. J'ai plusieurs schémas en tête et je crois être capable de changer mon fusil d'épaule, même dans le dernier kilomètre si cela s'impose.»

© Les Sports 2005

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