Armstrong déjà sur orbite

Ph. V.H.


L'Américain a déjà réalisé le premier exploit de ce Tour...

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE

NOIRMOUTIER Après les révélations, faites par une partie de la presse présente ici, sur ce père biologique dont il ne veut rien entendre, il fallait s'attendre à une réaction de la part d'Armstrong. Or, la seule qu'on lui connaît lorsqu'il est mis sous pression (ou qu'il subît un choc; et l'interview de son géniteur en fut certainement un à en juger par l'émoi soulevé dans son entourage direct), c'est l'attaque! Et le moins qu'on puisse écrire est qu'elle fut violente. On se doute, du reste, qu'en coulisses, il aura davantage laissé éclater sa joie, hier soir, après son exploit. Celui d'avoir infligé l'humiliation ultime à son rival de toujours, Jan Ullrich, en le rejoignant après seulement une quinzaine de bornes. Face à la presse, toutefois, Armstrong eut le triomphe modeste.

«Je suis parti sur un rythme modéré, disait-il aux journalistes se demandant s'il était sérieux ou non. Mais j'ai assez rapidement trouvé la bonne cadence. Avant même le premier intermédiaire, j'ai vu au loin le maillot rose de Jan (Ullrich). Je me suis dit: «Waw, je ne roule vraiment pas mal aujourd'hui!» Il faut toutefois dire les choses telles qu'elles sont. Jan ne pouvait pas être au mieux ce samedi après l'accident dont il avait été victime la veille à l'entraînement. Un tel choc doit laisser des traces! En plus, j'ai eu l'avantage de l'avoir assez vite en point de mire, ce qui surmotive toujours. Dans ces conditions, imperceptiblement, on hausse automatiquement le rythme.»

Les spécialistes disaient du reste ici que c'est sans doute l'accélération qu'il a placée pour dépasser Ullrich (et lui donner ainsi un terrible coup au moral) a sans doute coûté la victoire au Texan, qui a évolué en surrégime un moment et a terminé de manière moins fluide. Il n'empêche que le résultat est tout à l'avantage de l'Américain... qui faisait tout de même la fine bouche en consultant les résultats. «Il me manque deux secondes pour gagner l'étape et pour prendre le jaune, concluait-il. Or, je le voulais vraiment ce maillot. Juste pour montrer au monde entier comme je suis motivé pour mon dernier Tour.» Le monde entier a compris, qu'il ne s'en fasse pas trop...

© Les Sports 2005

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