Lefevere: «Oreillette obligatoire!»

Philippe Van Holle

Pour le clm par équipes d'aujourd'hui, les Quick Step seront en liaison avec leur voiture

TOURS C'est ce mardi qu'aura lieu l'épreuve redoutée quasi par tous les coureurs du peloton: le contre-la-montre par équipes. Une discipline qui exige une équipe soudée et solidaire, bien rodée également afin que les relais se passent le mieux possible, que chacun fasse sa part de boulot, les meilleurs n'hésitant pas à en faire nettement plus que ceux qui sont un peu justes.

La lutte pour la victoire opposera évidemment les grandes équipes, comme par hasard, celles aussi qui comportent les coureurs intéressés par la première place du classement général, autrement dit les Discovery Channel de Lance Armstrong (à qui il ne déplairait pas de prendre le maillot jaune ce mardi), les CSC d'Ivan Basso, les Phonak de Landis et de Botero et les T-Mobile d'Ullrich et de Vinokourov (on ne parle déjà plus trop de Klöden dans la formation allemande).

«Les sprinters polyvalents»

Il était intéressant de voir comment les Quick Step-Innergetics allaient aborder cette difficile journée, alors que l'équipe est bâtie autour de Tom Boonen seulement intéressé par les victoires partielles et par le maillot vert. Pour lui, perdre une minute ou trois dans ce chrono, peu importe après tout.

«C'est vrai, acquiesce le manager général de l'équipe Patrick Lefevere, mais même si notre formation est avant tout tournée vers le sprint, il ne faut pas oublier que Michael Rogers a des ambitions pour le classement général. De toute façon, je prétends qu'il n'y a pas moyen d'aborder ce chrono collectif autrement qu'en le faisant à fond, sous peine de perdre sa concentration. Il y va également du prestige de chaque groupe, de chaque sponsor. Vous savez, personne n'a envie de terminer pareil exercice à la dernière place! Pour ma part, je pense que je serai satisfait de mes coureurs s'ils se situent à mi-chemin dans le classement. L'an dernier, nous nous étions classés 12 es , ce n'était pas mal. Je crois qu'on peut faire au moins aussi bien cette fois-ci. Mais je concède que ce sera une journée éprouvante pour tout le monde. Par- ce qu'il n'y a pas que la course, déjà stressante en soi notamment parce qu'elle nécessite une attention de tous les instants. Il y a aussi le long échauffement (deux heures au minimum), la concentration, etc. L'oreil- lette, dans ce contexte, jouera un rôle essentiel, de sorte que chaque coureur puisse entendre clairement les injonctions comme les encouragements du directeur sportif. Dans notre équipe, elle est obligatoire pour tout le monde. Mais c'est le cas pour toutes les étapes, depuis 3 ans déjà!»

«Boonen, un cas à part»

Il n'empêche qu'on peut imaginer que l'exercice est plus difficile pour des sprinters que pour des rouleurs, tels qu'on en trouve chez CSC, Discovery ou T-Mobile.

«Il ne faut pas se méprendre sur les qualités des sprinters, lesquels sont bien plus polyvalents qu'on ne le pense. J'avais déjà observé cela dans le passé lorsque je dirigeais des formations où l'on a retrouvé, successivement ou simultanément, Cipollini, Museeuw ou Steels. Il faut savoir que les sprinters sont par exemple habitués à se relayer de manière très fluide. Au fond, c'est un peu comme dans la préparation d'un sprint. Il s'agit de parfaitement s'entendre pour passer le témoin au suivant dans la chaîne ou, plutôt, le train, comme on dit maintenant.»

Histoire de former un bloc assuré de remporter de nombreux succès. «En outre, poursuit Lefevere, décidément intarissable sur le sujet, je vous garantis que, dans notre équipe, les sprinters ne sont jamais les premiers à tirer la langue. Boonen, Trenti et Zanini -ces deux derniers sont eux aussi d'authentiques sprinters, qui seraient capables de gagner eux-mêmes des courses (ils l'ont du reste déjà prouvé par le passé) s'ils n'avaient décidé, de leur propre chef, de se mettre au service d'un finisseur encore plus véloce qu'eux- n'hésitent pas à prendre des doubles, parfois triples relais. Généralement, ce sont les grimpeurs qui rencontrent des difficultés. Quant à Tom Boonen, c'est vraiment un cas à part. Parce que lui, il apprécie vraiment le contre-la-montre en général et le chrono collectif en particulier. Mais plus je côtoie Tom, plus je lui trouve des qualités. C'est vraiment un garçon incroyable.»

Voilà certainement un point sur lequel tout le monde sera d'accord, en effet. Boonen est en train, sur ce Tour, de réaliser une opération de charme, tout simplement en étant (et en restant) lui-même. Nombreux sont nos collègues étrangers qui n'en reviennent (vraiment) pas de la disponibilité que l'Anversois manifeste à l'égard de tous ici, que ce soit avant ou après la course! A ce titre, Tom Boonen est le meilleur ambassadeur qu'on puisse rêver pour notre petit pays en ce mois de juillet!

© Les Sports 2005

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