Rasmussen veut attaquer!

Philippe Van Holle

L'ancien champion du monde de VTT entend profiter des Pyrénées pour tenter de déstabiliser Lance Armstrong
MONTPELLIER Valverde ayant abandonné, Moreau, Basso, Botero et les trois leaders T-Mobile ayant montré leurs limites dans les Alpes, il se pourrait bien que Mickael Rasmussen soit le seul véritable adversaire d'Armstrong dans les Pyrénées, dont la première étape a lieu aujourd'hui, entre Agde et la station de ski d'Ax-3 Domaines. A 31 ans, le Danois semble vouloir profiter de son excellente forme du moment pour tenter un vrai va-tout dans les trois étapes qui sont programmées de samedi à lundi.

«En réalité, ce seront les deux premières qui, selon moi, seront déterminantes car elles proposent une arrivée en col, dit le coureur Rabobank. Des cols bien pentus qui sont à l'avantage de grimpeurs tels que moi. Et j'ai bien l'intention de ne pas laisser passer ma chance. En y pensant bien, je n'ai d'ailleurs pas le choix. Je dois attaquer, non seulement pour tenter de déstabiliser Armstrong et son équipe, mais aussi pour tenter d'assurer ma place sur le podium face à toute une série de coureurs qui ont cet objectif en vue, tels Moreau, Ullrich, Basso ou Vinokourov.»

Depuis que Pantani a disparu, Armstrong n'avait plus jamais eu affaire à un véritable grimpeur. Aujourd'hui, après un hors-d'oeuvre de 4 petites difficultés de 3e et 4e catégories, les coureurs franchiront le col de Pailhères (hors-catérogie de 15,1km à 8,1%) avant la montée finale vers Ax-3 Domaines (1re cat., 7,9km à 8,3%). Demain, le programme sera nettement plus lourd encore, avec le Portet d'Aspet (5,9km à 6,9%), le col de Menté (7km à 8,6%), le Portillon (8,4km à 7,3%), Peyresourde (13km à 7%), Val Louron Azet (7,4km à 8,3%) et l'ascension finale vers le Pla d'Adet (10,3km à 8,3%).

«Je me réjouis d'y être, poursuit Rasmussen. Mais j'aurai besoin de l'aide de mon équipe. Je ne demanderai pas grand-chose à mes équipiers, sinon de m'amener jusqu'au pied du dernier col de l'étape. Ensuite, je me débrouillerai bien tout seul. Je suis prêt pour un combat d'homme à homme avec Armstrong.» Espérons qu'il tienne parole, ne fût-ce que pour la beauté d'une passe d'armes en côte avec le boss himself.

Cette étonnante confiance en lui, Rasmussen l'a manifestement puisée dans les Alpes. «C'est là que je me suis rendu compte qu'Armstrong, cette année, n'était pas un extra-terrestre en montagne. Regardez ce qu'il faisait par le passé dans les grosses étapes des Alpes et des Pyrénées: il lâchait tout le monde pour gagner seul. Je peux vous dire que, à Courchevel, Lance a tout fait pour nous décrocher, Valverde et moi, mais il n'y est pas parvenu. Dans le Galibier, j'ai tenté un démarrage. Si Vinokourov avait été à 1:30 devant et non à 3 minutes, j'aurais fait le saut jusqu'à lui. De même, dans la montée du Galibier, alors que les Discovery faisaient le tempo, j'aurais facilement pu m'extraire du groupe maillot jaune mais avec les 40 km de descente qui suivaient jusqu'à Briançon, cet effort aurait été inutile. A Ax-3 Domaines et au Plat d'Adet, il en ira autrement...»

Si ce n'est pas de l'ambition, ça!

© Les Sports 2005

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...