Gilbert: «Evans? Je l'aurai!»

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE
Gilbert: «Evans? Je l'aurai!»
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Tour de France. Le jeune coureur de La Française des Jeuxétait furieux sur l'Australien qui, selon lui, n'a pas respecté sa parole
PAU La bousculade sur la ligne d'arrivée fut épique. Les policiers trop zélés repoussaient les journalistes, pensant protéger Philippe Gilbert qui, lui, ne demandait qu'à livrer ses impressions. Après quelques coups de gueule à l'égard des pandores agressifs, sous les yeux éberlués du coureur, l'interview pouvait commencer.

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«Cinquième encore (NdlR: il l'avait été lors de la 9e étape à Mulhouse), mais je suis plutôt content de moi», disait le Liégeois qui avait tenu parole en attaquant le jour où il l'avait prévu. «Je trouve que c'était une belle échappée. Malheureusement, la présence à l'avant de la course d'Evans a ruiné les espoirs de la plupart d'entre nous. Car nous savions que, à cause de lui, le peloton ne nous laisserait pas prendre trop de champ.»

Mais Philippe n'est pas homme à se taire lorsqu'il a quelque chose sur le coeur. Or il semblait avoir un oeuf à peler avec Cadel Evans.

«Tout le monde, dans le groupe, lui a demandé plusieurs fois de se relever, afin de ne pas gâcher les chances de cette échappée d'aller au bout, disait le Remoucastrien. Il ne voulait rien entendre. Puis, voyant notre insistance, il promit que si le peloton ne nous laissait pas prendre plus de 6 ou 7 minutes d'avance, il décrocherait. Mais il ne l'a jamais fait. En plus, dès le bas de l'Aubisque, il s'est mis à mener un train que la plupart d'entre nous avaient du mal à suivre. On l'a rappelé à l'ordre et là encore, il nous a menés en bateau, prétendant qu'il tenait à ce qu'on arrive groupé au sommet de l'Aubisque afin de tenter ensuite de creuser davantage l'écart, ensemble, dans la descente et sur le plat. A un kilomètre du sommet, il a carrément démarré, plantant là les deux tiers du groupe.»

Même si le Liégeois était le premier à reconnaître qu'il lui avait manqué un petit quelque chose en fin d'ascension pour basculer avec les plus fringants, il regrettait l'attitude de l'Australien. «Pour moi, une promesse est une promesse», assénait-il avant d'en finir avec ce chapitre. «Il nous a pris pour des cons! Je vous garantis que je l'aurai un jour! Et cette fois-là, ce sera moi qui le planterai après avoir profité de son travail. Je lui ai déjà dit ma façon de penser mais je veux bien recommencer au départ de l'étape de demain (NdlR: lisez aujourd'hui) s'il le veut! Ce mardi sera pour moi une journée de récupération, l'étape de Mende est pour les favoris, mais la suivante, vers Le Puy-en-Velay, me semble parfaite pour une attaque.» Et comme Philippe, lui, est un homme de parole...

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