Récit d'une journée de galère

Ph. V.H.

Malade, Mario Aerts a même failli abandonner
PAU Mario Aerts a passé la ligne d'arrivée en antépénultième position, en compagnie de Menchov, de McGee et de Bodrogi. Trois coureurs de renom aussi à la peine sur ce Tour. Si McGee souffre d'une douleur à la cuisse, notre compatriote, lui, a sans doute contracté un virus.

«J'ai fait toute la journée au Coca, dira-t-il. J'ai vraiment passé une journée horrible. Au début, cela a encore été, même si, avec la chute qui s'était produite dans les premiers kilomètres, il avait fallu chasser à peine la course commencée. Mais c'est toutefois dès que la route a commencé à prendre de l'altitude que j'ai compris que j'allais vivre un calvaire. J'ai mordu sur ma chique dans le col d'Ichère mais je me suis trouvé en grande difficulté dans Marie-Blanque. Un moment, j'ai même envisagé l'abandon mais comme je n'étais pas le seul à la dérive, j'ai continué à suivre le mouvement. Au détour d'un lacet, j'ai retrouvé Robbie (McEwen), lâché du groupe principal, et je lui ai donné un coup de main pour rentrer dans le peloton dans la descente précédant l'Aubisque. Et c'est véritablement dans ce col que j'ai connu l'enfer. Je n'avais aucune force dans les jambes. Je me serais bien arrêté après 500 mètres d'ascension. Je ne sais vraiment pas comment je suis parvenu à passer ce col, ni même comment j'ai réussi à rejoindre l'arrivée dans les délais.» Sans doute grâce à cette boisson venue d'Amérique!

C'est la veille déjà que Mario Aerts avait pressenti quelque chose. «En regagnant ma chambre, je me suis mis à frissonner», poursuit-il en étonnant par sa disponibilité ceux qui étaient encore là pour l'accueillir près de 22 minutes après Oscar Pereiro. «J'avais manifestement tous les symptômes résultant d'une fièvre. J'ai vomi à plusieurs reprises durant la nuit et je n'ai pu fermer les yeux que pendant deux heures.»

Pas vraiment le régime qu'on préconise avant une étape de montagne! «Comme vous me voyez, je n'aspire qu'à une chose: une bonne nuit de sommeil!» Espérons qu'il parvienne à dormir! Le Campinois ne survivrait pas à un 2e jour de galère...

© Les Sports 2005

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be