Serrano part en vadrouille

D. L.

L'Espagnol s'est envolé vers Mende pour faire oublier les déboires des Liberty Seguros

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE DAVID LEHAIRE

MENDE Sans doute ne le savait-il pas mais hier, en fin d'après- midi, quand Marcos Serrano est arrivé en vainqueur sur l'aérodrome de Mende, il y rejoua en quelque sorte la scène finale de La Grande Vadrouille. Planant dans les airs depuis qu'il avait faussé compagnie à Axel Merckx et à Cédric Vasseur comme de Funès et Bourvil le firent à leur époque, le Galicien s'est offert sa première victoire dans le Tour, deux jours après son grand ami Pereiro, natif lui aussi de Pontevedra. «Nous nous entraînons ensemble toute l'année. Quand il a gagné, cela m'a fait plaisir. Je crois qu'aujourd'hui, c'est à son tour d'être content pour moi», souriait, radieux, celui qui a remporté Milan-Turin et obtenu une belle septième place à Liège-Bastogne-Liège.

Serrano a donc privé Axel Merckx d'un succès symbolique en lui faussant compagnie dans la dernière côte vers Mende. «Je n'avais pas plus peur de lui que d'un autre même si je voyais bien qu'il était en forme, dira l'Espagnol. Quand j'ai attaqué, je me suis dit que je n'avais rien à perdre, que si Axel me rejoignait, je gardais toutes mes chances au sprint. Car pour gagner, Axel aurait dû arriver seul en haut.»

Fier de lui, celui qui se classa l'an dernier quatrième de la Clasica San Sebastian a clairement permis à son équipe, Liberty Seguros, d'oublier les déboires que connaissent Heras et Beloki, ses deux leaders. «Ma victoire ne compense en rien le Tour pourri de Roberto (Heras) mais elle nous met du baume au coeur. On a déjà essayé souvent d'aller dans les échappées sans avoir de la chance. Aujourd'hui, elle m'a enfin souri.»

Attaquant dans l'âme, Serrano accepte volontiers son rôle d'équipier même s'il concède que ses multiples tentatives des derniers jours lui ont fait marquer des points au sein même de son équipe. «Quand tu as à tes côtés un gars comme Heras, triple vainqueur de la Vuelta, tu t'inclines volontiers. Cela dit, il ne fait pas de doute que l'on m'utilise aussi pour mes caractéristiques d'attaquant.» Et son numéro de Mende a donné raison à Manolo Saiz d'avoir engagé ce coureur jusqu'en 2006. «Quand j'ai compris que j'avais cause gagnée, j'ai tenté de profiter de l'instant. Je voulais me faire plaisir tout en continuant à rouler à fond. Je volais, comme si j'étais sur un nuage.»

Une fois qu'il en sera descendu, Serrano se focalisera sur d'autres objectifs. «A la Vuelta, on jouera pour la gagne et j'aiderai Heras. J'ai pleine confiance en lui.» Serrano a appuyé son envie d'échappée au long cours sur les routes de Galice.

© Les Sports 2005

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