«Toujours un plus fort»

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE PHILIPPE VAN HOLLE
«Toujours un plus fort»
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Axel Merckx a terminé 3e d'une des étapes les plus difficiles de ce Tour


MENDE Est-il écrit quelque part qu'Axel Merckx ne remportera jamais une étape du Tour de France? C'est ce qu'on commence à se dire. Pourtant, ce n'est pas faute d'essayer. Après son raid vers Digne-les-Bains, le 14 juillet dernier (il avait alors terminé 5e), il s'était peut- être dit que le jour de sa propre Fête nationale lui sourirait davantage. Et quand on l'a vu attaquer par deux fois dans la dernière côte, la plupart de ses adversaires, les Kessler, Voeckler, Roberts, Zandio et autre Pellizotti craquant dans sa roue, on s'était pris à rêver. S'il n'y avait plus eu que Vasseur à le suivre, il est fort probable que Merckx aurait été chercher tout au fond de ses tripes les forces qui lui auraient permis de lâcher le Français, lequel ne tenait plus qu'à un fil. Mais quelques centaines de mètres auparavant, Marcos Serrano avait produit l'effort décisif qui allait lui rapporter la victoire ici, dix ans après celle de Laurent Jalabert.

«La dernière montée (NdlR: 3,1 km à 10,1%) était un peu trop raide pour moi et Serrano est un bon grimpeur. Il mérite donc sa victoire. Je devais être le meilleur du groupe après lui. Je dois me rendre à l'évidence, il y a toujours quelqu'un de plus fort que moi.»

Ce constat, empreint, faut-il le dire, d'une grande lucidité et d'une sincérité qui l'honore, ne l'empêchera pas, s'il en a l'occasion, de tenter encore sa chance. Cette année... ou l'année prochaine! «Parce que, pour cette fois-ci, j'ai bien l'impression que mon Tour est fini, dit-il. Cette échappée et celle de Digne m'ont pas mal entamé. Je ne crois vraiment pas que je pourrais me remettre d'aplomb pour ce vendredi.»

Il a quand même des regrets dans la voix. «J'avais de très bonnes jambes, poursuit Axel. Je me sentais capable du meilleur. D'autant que, dans la troisième semaine, les organismes sont fatigués et que je sais par expérience que tout peut arriver. D'autant que j'avais fait volontairement l'impasse sur les Alpes afin de me réserver pour des étapes comme celle-ci.»

Le matin même, au petit déjeuner, tous les regards s'étaient tournés vers lui. «Ils m'ont dit: Axel, aujourd'hui, c'est pour toi! J'ai tout tenté mais cela n'a pas réussi. Et il n'y a que la victoire qui compte.» Enfin presque, parce qu'il n'était pas trop content que Cédric Vasseur lui ait piqué le premier accessit. «Ce n'est jamais agréable de faire tout le travail dans la finale et de se faire déposer sur la ligne par quelqu'un qui a refusé de vous aider auparavant. Pourtant, je l'ai invité, à plusieurs reprises, à prendre son tour de relais. Mais il me disait qu'il en était incapable.»

Dans ces conditions, normalement, la loi du milieu veut que l'on ne sprinte pas. Il y a toujours des exceptions. Même Armstrong s'en offusque. En effet, lorsque Cadel Evans l'a sauté à l'arrivée, après que le Texan l'eut aidé à reprendre du terrain au classement général, le maillot jaune, à l'égard de l'Australien, s'est exclamé: «What's that for?» Traduit librement: «Ça rimait à quoi ce sprint? »

© Les Sports 2005

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