Guerini, six ans après

D. L.
Guerini, six ans après
©Photonews

L'Italien de T-Mobile a signé sa deuxième victoire sur le Tour après avoir gagné en 1999 à l'Alpe-d'Huez

ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCE DAVID LEHAIRE

LE PUY-EN-VELAY Giuseppe Guerini a le chic pour choisir ses victoires. Six ans après s'être adjugé sa première étape sur le Tour, à l'Alpe- d'Huez, l'Italien vient de s'imposer au Puy-en-Velay, au pied de la cathédrale inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco. Dans ce somptueux coin d'Auvergne, le Bergamasque a fait montre de toute sa scien- ce en plantant ses trois compagnons d'échappée (Casar, Pellizotti et Pereiro) à un petit kilomètre de l'arrivée. «Pereiro voulait surtout faire une opération au classement général et il avait déjà gagné une étape. Donc, en principe, la victoire se jouerait entre nous trois. Mais je craignais le sprint. Je n'en suis pas friand. J'ai tout donné, et cela m'a souri.»

Guerini, l'équipier modèle de Jan Ullrich chez T-Mobile, aura imité à quelques jours d'intervalle George Hincapie, son homologue chez Discovery Channel. «Cette victoire a beaucoup de goût et je vais la savourer mais elle n'a rien de comparable avec celle forgée à l'Alpe-d'Huez. C'est un endroit mythique, l'une des montées reines dans l'histoire du Tour. Y passer la ligne d'arrivée en tête est plus fort que tout.»

Hier, celui qui accomplit sa septième saison chez T-Mobile (ex-Telekom) a montré qu'il était davantage qu'un excellent grimpeur. Il s'est rappelé au bon souvenir de tous, lui qui, pour faire le Tour de France, a délaissé un statut de leader alors qu'il est monté à deux reprises sur le podium du Giro (3e en 1997 et en 1998 sous la vareuse de Polti). «A l'époque, beaucoup des gens furent surpris par ma décision. Ils ne comprenaient pas que je puisse faire une croix sur mes ambitions personnelles pour devenir l'équipier de Jan Ullrich. C'est normal, chez nous en Italie, le Giro est un événement incontournable. Mais je me suis dit que pour grandir, il fallait que je prenne part au Tour de France. En outre, en me mettant au service de Jan, j'avais l'opportunité de faire partie d'une équipe qui jouerait la gagne.»

A 35 ans, le natif de Gazzaniga est sorti de la lumière au sein d'une formation fort médiatisée par son trident Ullrich-Vinokourov-Klöden. Il aura fait mieux que son équipier Oscar Sevilla, parti à l'attaque mercredi mais reparti bredouille. Il aura pourtant dû s'y reprendre à plusieurs reprises pour y parvenir. «Ces derniers jours, je me sentais bien. J'essayais de sortir mais cela ne me réussissait jamais.» Jusqu'à aujourd'hui du moins et cette étape de moyenne montagne dont le profil escarpé lui convenait bien, lui qui adore les bosses et ne représentait pas le moindre danger pour Lance Armstrong au classement général. Même s'il ne l'avou- era pas, il y a fort à penser que l'Italien doit quelque peu envier les acolytes de l'Américain. «Jan et Lance sont deux excellents coureurs. Leur talent est un peu similaire mais, ces dernières années, Jan n'a pas eu la chan- ce de son côté.»

Avant de s'en aller préparer le contre-la-montre de ce samedi - un exercice dont il ne raffole guère -, Guerini eut une pensée pour son ami, Marco Pantani, qu'il domina même un jour de 1998 dans les Dolomites à l'époque où Le Pirate régnait pourtant sans partage sur le Giro.

© Les Sports 2005

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