Une coupe avant le départ

Julien Gillebert

Deux coiffeurs sont mis à disposition chaque matin pour les suiveurs et coureurs du Tour de France

PAU On trouve de tout au village du Tour. De nombreuses hôtesses suivies du regard par trois hommes sur quatre, des stands de cafés où l'on est quasiment certain de voir tous les matins le Colombien Victor Hugo Pena, un espace téléphone réservé aux coureurs, une table avec une foule qui fait la file pour un autographe de Richard Virenque, un guichet Cochonou, grassouillet mais qui a toujours plein de succès, les journaux du jour mais aussi un coiffeur. Un stand à l'écart, accessible aux suiveurs et aux coureurs du Tour de France pour une petite coupe vite faite bien faite. "En général, j'y vais une à deux fois sur la durée du Tour", confie Hendrik Redant, le directeur sportif de Davitamon-Lotto, assis devant la glace du coiffeur. "C'est bien pratique d'avoir un coiffeur sur le Tour. Tous les matins, je passe devant et je m'arrête quand il n'y a personne."

Quand il n'y a personne pour Vincent Franck, un des deux coiffeurs engagés sur les trois semaines de la Grande Boucle. "Oui, je tiens à venir chez le même coiffeur, on commence à se connaître." Et connaissant la bouille sympathique d'Hendrik, il ne doit pas s'ennuyer, le coiffeur. Ce dernier qui, avec son collègue, coiffe en général vingt-cinq personnes par jour, s'y connaît en cyclisme, condition essentielle pour se retrouver au coeur du plus grand événement de ce sport. "Et, Hendrik, comment cela se fait que Gilbert n'est pas chez vous, comment avez-vous fait pour passer à côté d'un tel coureur ?" chambre d'ailleurs Vincent, tout en séchant les cheveux du directeur sportif de Davitamon-Lotto, qui ne pouvait que répondre par un rire franc mais un peu jaune.

Au fil du temps, les liens se nouent entre les coiffeurs et les suiveurs ou coureurs. "L'an passé, avec Vincent, on s'était pris un délire", se rappelle Samuel Dumoulin, qui faisait la file ce matin-là. "Et je lui avais demandé de faire ressortir le chiffre 204, mon dossard, au niveau de ma nuque. Mais cette fois, je ne sais pas encore ce que je vais lui demander."

Après quelques moments d'hésitation et une petite discussion avec son coiffeur, il opte logiquement, en ces temps de nouvelle gloire de l'équipe de France de football pour l'indication F.R.A.N.C.E. dans les tifs. "Je voulais mettre Aller la France mais il n'y avait pas la place", termine le coureur d'AG2R, auteur d'une longue échappée dans la 6e étape et qui est le plus petit cycliste du Tour de France. "Bon, avec ces indications, on rigole, mais c'est important de venir chez le coiffeur durant une épreuve de trois semaines. Surtout qu'on est en été et cela fait du bien d'avoir moins de cheveux sous le casque, par temps de grosse chaleur. Et puis, on doit aussi être présentable. On représente quand même un sponsor."



© La Dernière Heure 2006

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