Le réveil de Popovych

E. d.F.
Le réveil de Popovych
©EPA

L'Ukrainien s'est replacé en gagnant hier. Résultats, classements et étape de ce samedi en direct

CARCASSONNE Vingt-quatre heures après avoir subi une déroute sur les cols pyrénéens, les anciens équipiers d'Armstrong ont relevé la tête, hier. Yaroslav Popovych, dont le Texan avait fait l'an dernier un de ses successeurs, a triomphé à l'ombre des remparts de Carcassonne. Le champion du monde espoirs de Lisbonne, en 2001, s'est défait dans les dernières bornes de ses compagnons d'échappée, Ballan, peut-être le plus fort, Freire et Le Mevel. "J'avais passé une mauvaise journée, jeudi, et j'étais très déçu", expliquait l'Ukrainien. "Mais le Tour continue. En sortant du bus, le matin, après la réunion que nous avions eue - car jeudi soir nous étions tous trop fatigué - Johan (NdlR : Bruyneel) m'avait pris par l'épaule et dit que maintenant, il fallait réagir et gagner une étape. Voilà, c'est déjà fait !"

Dès le départ, les hommes de Discovery se portèrent aux avant-postes et pourtant, ils ratèrent la première échappée, celle dans laquelle Boonen, McEwen et Bennati avaient pris place, ce qui les contraignit à une sèche mais efficace poursuite. "Ensuite, George (Hincapie) s'est glissé dans la 2e, puis ce fut mon tour", poursuivit Popovych. "J'étais battu au sprint, aussi, je me devais d'attaquer pour profiter du marquage entre Freire et Ballan. C'est ce qui m'a réussi."

Popovych s'est aussi très bien replacé au général puisqu'il pointe désormais au 10e rang. L'an passé, l'Ukrainien avait terminé 12e à Paris et remporté le maillot blanc du meilleur jeune. Des 6:25 concédées au sommet de Pla-de-Beret, Popovych a gommé la plus grande partie, 4:45 (bonifications comprises), il peut désormais songer de nouveau à un bon classement final sur les Champs-Élysées. "On verra, je n'y croyais plus dimanche soir, dit-il. Mais il reste les Alpes. Je connais la plupart des cols pour les avoir découverts l'an passé ou au dernier Dauphiné."

Depuis ses exploits chez les espoirs, les observateurs prédisent un très bel avenir à Popovych qui est passé pro, en 2002, en Belgique, dans l'équipe de Gérard Bulens. L'ancien coureur Marco Saligari, qui l'a bien connu chez Crédit Agricole-Colnago, où il est directeur sportif, peut évoquer le vainqueur du jour dont on se souviendra qu'il a terminé 3e du Giro 2003 et 5e l'année suivante lorsqu'il porta deux jours le maillot rose. "Popovych peut tout réussir et tout gagner, y compris le Tour, car il a vraiment un gros moteur mais pas cette année, car son problème, c'est la tête", dit Saligari, qui est consultant de la télévision suisse italienne. "Il ne vit pas à 100 % pour son métier... Regardez-le, il a encore du poids à perdre. Cette victoire n'est d'ailleurs que la 5 e de sa carrière."

Comme beaucoup de coureurs venus des pays de l'Est, Popovych vit dans le confort de la vie occidentale et en profite. D'autant que l'Ukrainien, qui a 26 ans, a épousé la fille du Consul d'Italie en Nouvelle-Calédonie. Les mauvaises langues disent que Popovych n'est pas aussi sérieux qu'il le devrait, poussé en cela par son équipier et compatriote Vladimir Bileka, lequel l'a suivi du Crédit Agricole chez Discovery, appréciant un peu trop les boissons alcoolisées.



ENVOYÉ SPÉCIAL EN FRANCEERIC DE FALLEUR



© La Dernière Heure 2006


PAR ERIC DE FALLEUR
C'était hier, entre Luchon et Carcassonne, la première des trois étapes de transition, entre les deux massifs montagneux, les Pyrénées, auxquelles le Tour a déjà tourné le dos, et les Alpes, que les coureurs aborderont mardi en quittant Gap. Étapes de transition, cela rime généralement avec étapes pour baroudeurs, et celle d'hier a justifié cette réputation. Et com-me en plus la canicule a fait son apparition, certains y ont laissé des plumes. La bagarre éclata de fait, alors que le peloton avait à peine quitté les ombragées Allées d'Etigny. Là où, en bordure de majestueux établissements thermaux, plane encore le souvenir des premiers champions du Tour. Les pionniers qui comme Lapize, Duboc ou nos compatriotes Defraye, Thys ainsi que les Wallons Lambot et Heusghem partaient à l'aventure et s'imposèrent dans une ville qui semble appartenir à la légende du Tour. De ce 14 juillet surchauffé qui va immanquablement laisser des traces, certains tirèrent un profit plus qu'intéressant. Popovych, évidemment, qui a enlevé l'étape, mis du baume au coeur de son équipe et effacé sa défaite pyrénéenne en se replaçant. Menchov, aussi, car les hommes de Landis ont dû rouler derrière l'échappée et ont laissé des forces. Freire, ensuite, qui a repris onze points sur McEwen pour le maillot vert. Boonen, enfin, qui a devancé l'Australien dans le sprint pour la 5e place. Entre les deux hommes, la guerre est d'ailleurs désormais déclarée.



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